Le jardin public Chaâboub Rachid de la ville de Mila est en passe d’être transformé en espace commercial. La municipalité vient d’autoriser l’installation d’une crèmerie au milieu de l’enclos, mettant sa vocation première à rude épreuve. Cet acte, qualifié de contre-nature, suscite l’indignation des écolos et des riverains depuis l’apparition du commerce dans le square, au début de l’été. En effet, les associations de la société civile et de larges pans de la population citadine montent au créneau pour exiger le retrait, illico presto, de cette crèmerie de l’intérieur du jardin et ce, pour toutes les dégradations induites par la présence de ce commerce dans l’enclos. Ils considèrent, en effet, l’initiative de l’APC comme un acte délibéré de sabotage en bonne et due forme. L’association Mila-Verte, une entité spécialisée dans la création et l’entretien des espaces verts en milieu urbain, voit dans cet acte un prélude pour la banalisation du seul square de la ville en vue de son bradage par la suite. Mila-Verte, a eu à s’opposer, entre 2010 et 2012, à une tentative de bradage de ce même enclos, à des maquignons du foncier de la ville. Aussi, l’apparition, cet été, d’une crèmerie au beau milieu de Jenan El Beïlik, comme on dit, a mis cette association et les amis de la ville en état d’alerte maximum. Le président de Mila-Verte s’est rapproché, ce mardi 12 juillet, de notre journal pour lancer un SOS à l’adresse des autorités municipales. « Le square est transformé en foire. Les carrés de verdure sont abîmés, les massifs de fleurs piétinés, les branches d’arbres cassées, les oiseaux nicheurs mis à rude épreuve par la présence d’une foule compacte de personnes sur les lieux, à longueur de journée et une partie de la nuit. Le jardin respirait la propreté il n’y a pas longtemps. Aujourd’hui, il est jonché d’ordures. Il faut retirer cette crèmerie de là si votre intention n’est pas de clochardiser l’espace ! » dira notre interlocuteur hors de lui. Et de s’interroger : « Pourquoi cette crèmerie n’a-t-elle pas été installée à son endroit habituel, sur la route de Zeghaia, en face du bâtiment de la poste ? Pour sa part, B. Mohammed Esseghir, un habitant de la ville, pense que l’installation de ce commerce à l’intérieur du jardin n’est pas anodine. Il se rappelle l’épisode vécu par l’enclos les années passées et ne peut s’empêcher de dire : « La mafia du foncier n’a pas perdu espoir, on continue de cibler le terrain du jardin. Attendons-nous à des grabuges dans les mois qui viennent. Mais ils ne l’auront pas ; la population saura défendre son jardin. » Rappelons qu’entre 2010 et 2012, le jardin fut clochardisé. Et n’était l’opposition des associations et des citoyens, il aurait pu être bradé au profit des maquignons du foncier de la ville, à une époque où la Issaba faisait le beau et le mauvais temps, tant à Mila qu’ailleurs dans le pays.
