État de la société:
  La fracture sociale est apparente

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2022, une année relativement bonne sur le plan économique. Ce qui a été d’ailleurs confirmée par le FMI et la BM. Sur le plan social la santé économique retrouvée ne s’est pas répercutée au niveau de l’ensemble de la population qui atteindra bientôt les 45 millions d’habitants. Près de la moitié vivote, l’autre moitié vit au rythme de l’inflation et de la dégressivité du pouvoir d’achat mais à différents degrés.

Au niveau de cette seconde moitié identifiée comme étant la classe moyenne une partie s’en tire et arrive à dégager un surplus de revenus, lesquels ne sont plus ce qu’ils étaient il y a une dizaine d’années où on pouvait se permettre d’acheter une voiture sans se serrer la ceinture, comme c’est le cas actuellement. L’autre partie par contre ne dégage aucun surplus de revenu et arrive juste-juste à boucler les fins de mois sans devoir s’endetter. Il y a une troisième catégorie, celle identifiée comme aisée mais non riche, car il y a une distinction à faire. Celle-là arrive quand même à vivre confortablement en affichant des signes de prospérité due pour ceux qui travaillent dans le secteur de l’État aux gros salaires perçus dont ils peuvent aisément dégager un surplus leur permettant certaines largesses. Dans cette catégorie il ya aussi les professions libérales : Médecins, avocats et commerçants grossistes. Enfin en haut du podium social il y a ce qu’on appelle les riches et ils sont de plus en plus nombreux à accéder à cette richesse. Ce sont les chefs d’entreprises privées, moyennes ou grandes. Leur sens des affaires leur a permis ces vingt dernières années d’amasser des fortunes considérables. Cela n’a rien à voir avec les oligarques de l’ancien régime politique car cette catégorie de riches paie ses impôts et investit. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne car parmi ces fortunés il y a ce qu’on désigne sous le label de barons de l’informel. Une partie de leur fortune est apparente et s’affiche légale mais cette partie est infime car le gros échappe au fisc et permet à ces barons de s’enrichir démesurément sans être inquiétés outre mesure car leur méthode de fonctionnement est rodée : Une part de leur argent est investie dans des créneaux visibles, l’autre est anonyme et difficilement décelable. La seconde partie composant la société est aujourd’hui frappée de plein fouet par l’inflation et une perte considérable du pouvoir d’achat. Elle est composée par strates. Il y a ceux qui sont littéralement au bas de l’échelle et qui vivent des aides sociales et même de mendicité qui a fait son apparition dans nos rues et qui touche aujourd’hui sans distinction des familles entières. Il y a ceux qui vivent de petits boulots payés bien en deçà du SNMG et qui par moments les poussent à commettre des délits avec pour conséquence des séjours en prison et enfin il y a tous ces désespérés parmi les jeunes qui estiment qu’il n’y a plus aucun espoir pour eux et que la solution qui leur semble la bonne est celle de traverser la mer à leurs risques et périls sans savoir d’ailleurs ce qui les attend au cas où ils arrivent à atteindre l’autre rive. La société algérienne est aujourd’hui fracturée et cela se voit. Malgré tous les efforts du gouvernement pour diminuer une telle fracture, celle-ci persiste et augmente même car il n’existe pas de relais pour agir puissamment dans le sens de sa diminution. Ces relais sont les partis politiques et la société civile. Les deux sont aujourd’hui en mort cérébrale. Le parlement ne joue pas le rôle qui lui est dévolu. Les représentants du peuple ne se sont toujours pas fait à l’idée qu’ils sont les portes parole de la société laquelle attend d’eux une intervention énergique. Or cette intervention est absente dans l’hémicycle. Il y a une absence navrante des débats. On se contente de voter et rien de plus et souvent sans aucune opposition. Dans ce cas comment l’État puisse réagir conséquemment s’il n’est pas informé de ce qui se passe au sein, de la société ? Cette absence d’une opposition crédible et constructive au sein du parlement se ressent aujourd’hui au niveau du citoyen qui s’estime abandonné. Les partis politiques ont carrément démissionné de la scène publique à un moment où on attend d’eux leur investissement dans les couches de la population. Il n’y a pas un parti des pauvres comme il n’existe pas celui des riches. Le Centre, qu’il soit de gauche ou de droite reste inconnu. Comment dans une telle configuration politique peut-on gouverner sans de tels indicateurs nécessaires au fonctionnement d’un pays ?

 

 

 

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