Algérie-France:
  Qu’en est-il des relations économiques ?

0
184

La visite d’Emmanuel Macron en Algérie a été abondamment commentée et cette fois-ci positivement. On a parlé mémoire, visas, sécurité conjointe, coopération dans cinq domaines mais d’économie on a été plutôt discret, pourtant la délégation qui a accompagné le président français était composée de personnalités éminentes comme Bruno Lemaire, la présidente d’ENGIE et de chefs d’entreprises françaises.

Nous savons, selon ce qu’a expliqué Macron aux journalistes qui l’interrogeaient là-dessus qu’en matière d’approvisionnement en gaz la France n’a pas besoin d’un excédent de cette matière énergétique. Elle continuera donc à acheter les mêmes quantités qu’auparavant ce qui représente pour ce pays 8% de ses approvisionnements en gaz algérien. Par contre le président français s’est félicité sur la livraison de quantités supplémentaires en gaz à l’Italie, laquelle pourra de son côté et dans le geste de solidarité européenne alimenter d’autres pays de l’UE. Le gaz étant un problème réglé le reste,autrement dit d’autres domaines économiques considérés comme de première importance par l’Algérie figure bel et bien dans les discussions algéro-françaises car au moment où le président français entreprenait sa tournée à Alger et à Oran, la délégation française conduite par le ministre français de l’économie,Bruno Lemaire s’entretenait en non-stop avec le premier ministre Aymen Benabderrahmane accompagné du ministre de l’industrie, de l’énergie, du commerce, de l’agriculture des start-up et PME. Les français ont été mis au courant de la teneur du nouveau code des investissements qui a levé tous les obstacles qui existaient auparavant et qui rebutaient systématiquement de potentiels investisseurs dont des français. À présent que les conditions sont nettement plus favorables à la présence d’entreprises françaises grandes, moyennes et petites les domaines dans lesquels celles-ci peuvent intervenir ont été présentés par la délégation gouvernementale algérienne. L‘Algérie a grand besoin de développer son industrie moyenne et compte sur les entreprises françaises lesquelles auront tout à gagner à être présentes sur le sol algérien. Le choix algérien de la France comme meilleur partenaire industriel est motivé par la qualité incontestable des entreprises françaises intervenant à l’étranger et c’est sur cette performance que l’Algérie compte pour aspirer à l’émergence et devenir une puissance économique régionale. Certes le gouvernement algérien a opté depuis ces trois dernières années sur la diversification partenariale dans le domaine économique en multipliant des contrats avec la Chine, la Turquie, le Qatar et dernièrement l’Italie mais les algériens savent que la durabilité de ces contrats est aléatoire pour trois de ces pays à l’exception de l’Italie dont les capacités industrielles sont appréciées à travers l’Europe. La France et l’Italie deviennent donc pour l’Algérie le meilleur choix. La France qui s’est éclipsée ces deux dernières années du champ économique algérien entend reprendre la première place aux coté des italiens. C’est le pari que fait aujourd’hui l’Algérie qui certes continuera à conclure des contrats de partenariat avec d’autres pays comme la Russie et les États-Unis qui vont dans un sens de complémentarité et non d’exigence impérieuse. Avec l’installation d’un comité de suivi franco-algérien qui se réunira périodiquement tous les retards enregistrés dans les accords de partenariat économique d’exception seront colmatés et des corrections successives devant permettre l’avancement des contrats conclus aussi bien avec les entreprises publiques algériennes ou celles privées dont on prévoit une expansion remarquable les prochaines années seront faites en un temps record. Les grands domaines où les entreprises françaises pourront intervenir de manière soutenue sont les énergies renouvelables, d’où la présence de la présidente d’ENGIE qui n’ignore pas que l’Algérie possède des capacités importantes en substances premières entrant dans la production d’hydrogène vert dont la France en a besoin dans sa stratégie de développement d’énergies propres à côté de ses centrales nucléaires. Il y a aussi l’existence non encore prouvée de terre rare mais que certaines explorations récemment faites relèvent d’une réelle possibilité. Les industriels français spécialistes dans l’exploration et l’extraction semblent très intéressés. Bien sûr il y a aussi le pétrole et les nouveaux gisements découverts récemment, mais aussi la construction automobile, la construction d’autres autoroutes dont les français sont passés maitres dans ce domaine. Tout ce qui relève de l’équipement de transformation industrielle, le tourisme, l’agriculture et d’autres activités dont les PME françaises ont fait leurs preuves. Ce grand chantier économique est proposé par les Algériens aux français et ces derniers ne veulent plus que d’autres à leur place occupent le terrain.

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici