Ce qui se passe actuellement au niveau des prix des produits de consommation est tout simplement hallucinant. On parle d’une inflation maîtrisée or la réalité dément une telle affirmation. Cette inflation n’est pas à un chiffre comme on veut bien nous le faire croire mais elle est à deux chiffres, autant dire qu’elle n’est plus à la cadence de trot mais de galop. Tous les prix sans aucune exception ont doublé et dans certains cas, triplé. Toutes sortes de légumes (même l’oignon), de fruits jadis accessibles, de viandes (blanche et rouge) sans parler du poisson dont les algériens ont perdu le gout mais aussi de produits d’épicerie les plus basiques sont sous l’effet de cette inflation terrible qui use à l’émeri le pouvoir d’achat des ménages. Les produits subventionnés comme le pain et l’huile de table sont aussi concernés certes dans une moindre mesure mais le fait est là ils ont augmenté. La légendaire résilience des consommateurs algériens ne tiendra pas plus longtemps, surtout en ce moment fatidique de la rentrée scolaire où le simple stylo à billes coute 30 dinars pièce alors qu’il y a deux ans il était bradé à 5 dinars. Que dire alors des cahiers, des trousses, des crayons couleur et de toute cette gamme subsidiaire des articles scolaires dont les prix affichés donnent le tournis. Quant au reste, en fait le plus important constitué des fameux sacs à dos, des tabliers et de tout l’attirail d’habillement pour le sport et le vestimentaire du quotidien c’est tout simplement le dépeçage en profondeur du porte-monnaie des parents d’élèves. Toutes les aides gouvernementales prévues pour alléger quelque peu le fardeau des plus démunis, rejoints cette fois-ci par les démunis qui augmentent de jour en jour à cause des très faibles revenus qu’on leur octroie ne suffiront pas. Ce second semestre de l’année 2022 est la pire période que les Algériens ont connue depuis ces trente dernières années.
