Comment va réagir la Maison blanche à l’annonce d’une part de la signature d’un important contrat d’armement avec la Russie, d’autre part avec l’annonce de la prochaine visite du président algérien à Moscou et enfin à la demande d’adhésion aux BRICS. Pour les Américains cela en fait trop pour leur orgueil.
L’actuel président des États-Unis ne connait pas l’Algérie, tout comme son prédécesseur, ni même Obama. En fait cette brouille car ç’en est une entre l’Algérie et la première puissance mondiale est ancienne. Elle remonte à 1963 au moment où après avoir invité officiellement et avec honneur le président algérien de l’époque, Ahmed Ben Bella, signant ainsi la confirmation du président de l’époque, JF. Kennedy, fervent défenseur de la cause de l’indépendance de l’Algérie. L’accueil fait par le président américain au président algérien était chaleureux et rempli d’espoir pour le locataire de la Maison blanche qui voulait nouer avec notre pays venant tout juste d’accéder à sa souveraineté nationale une coopération exemplaire. Il a été déçu et même amèrement lorsqu’après sa visite à Washington, le président Ahmed Ben Bella s’est rendu à La Havane rencontrer Fidel Castro et assister à un meeting avec lui où prenant la parole il a fustigé l’impérialisme américain. Pour Washington une telle ingratitude manifestée par le président algérien envers un pays et un président qui ont appuyé, sans réserve la cause de l’indépendance de l’Algérie signait un arrêt de mort de toute relation amicale envers l’Algérie. Après le coup d’État du 19 juin qui démit de ses fonctions de président Ahmed Ben Bella en raison de sa politique d’extrême gauche qui était très largement réprouvée par celui grâce auquel ce président déchu devait sa nomination à la tête de l’État algérien, en l’occurrence le ministre de la défense et chef d’état-major de l’ANP, le colonel Houari Boumediene. Après le redressement du pays dont l’économie partait en déconfiture après trois ans de la présidence Ben Bella le nouveau chef de l’État algérien dont la confiance populaire ne cessait de monter en puissance et de s’affirmer essaya de reprendre attache avec les États-Unis par le biais économique surtout après l’épisode de la nationalisation des hydrocarbures qui avait irrité la France. Ainsi la nouvelle société nationale de production pétrolière et gazière conclut des contrats de partenariats avantageux pour l’Algérie avec des compagnies pétrolières américaines. C’était un premier pas vers une normalisation espérée par l’Algérie après l’incident fâcheux de 1963 mais du côté de la Maison Blanche la rancœur était encore tenace, moins exacerbée qu’elle ne l’avait été au cours des années soixante, mais existant encore. Avec l’arrivée de Jimmy Carter au pouvoir l’Amérique allait être confrontée à un incident qui bouleversa l’opinion publique de ce pays. Il s’agissait de la prise d’otages de 42 membres de l’ambassade américaine à Téhéran par les gardiens de la révolution iranienne dirigée par l’Ayatollah Khomeiny. Après des essais d’extraction militaire par les forces spéciales américaines qui furent un échec, place était aux négociations avec les dirigeants de la république islamique d’Iran. Les iraniens ne voulaient pas discuter avec les américains ni leurs alliés occidentaux dont ils se méfiaient. C’est alors qu’intervient la diplomatie algérienne à l’époque dirigée par feu M SeddikBenyahia. Il contacta secrètement les Américains par le biais de leur ambassade à Alger. Il fit savoir à l’ambassadeur en poste si Washington consentait une approche faite par l’Algérie de négocier avec le pouvoir établi à Téhéran pour le retour des 42 otages encore retenus en Iran. Après un temps de réflexion la réponse de Washington parvient à Alger et accepte proposition algérienne. Avec l’accord de Houari Boumediene, des négociations ultra secrètes entre le ministre des AE Benyahia et son homologue iranien se sont établies selon un agenda précis. Ces négociations furent longues en raison de leur extrême confidentialité car en cette période de pleine guerre froide, négocier en évitant toute fuite en raison des réseaux d’espionnage très actifs au cours de cette décennie quatre-vingt relevait de l’exploit pur et simple et cet exploit finit par se produire quant à la surprise générale et quand personne ne s’y attendait l’Algérie a pu ramener sains et saufs du pays où ils étaient emprisonné durant plus d’une année ces 42 otages en les présentant au monde dès leur arrivée à Alger où ils furent accueillis. L’Algérie venait de prouver au monde entier que sa diplomatie était l’une des meilleures au monde. Elle venait de marquer son statut d’un État avec lequel il faut désormais compter et cela les Américains ont fini par l’accepter car fait rare pour la politique américaine rarement les États-Unis ne se sont montrés redevables avec un pays du Tiers monde. Avec le retour de ces otages chez eux Washington avait une dette envers l’Algérie. Après la défaite du démocrate Jimmy Carter au profit de son adversaire républicain Ronald Reagan, Ce dernier invita pour invita pour la première fois et officiellement le nouveau président de la république algérienne Chadli Bendjedid à effectuer une visite aux États-Unis. Cette visite aurait pu sceller de nouvelles relations entre les deux pays jusqu’ici brouillés depuis l’épisode malheureux de 1963 mais cela n’ a pas été le cas car dans le discours prononcé lors du diner officiel donné par Reagan pour remercier Chadli Benjeddid du concours précieux de l’Algérie pour libérer ces otages e son pays , ce dernier au lieu de se montrer plus subtil dans son allocution a prononça des mots que ses hôtes ne voulaient certainement pas entendre ,surtout s’agissant de Ronald Reagan dont les positions ultra libérales et louant le prestige de l’Amérique à travers le monde comptaient plus que tout. Le président algérien reprenant le langage officiel de l’Algérie de l’époque qui était très nationaliste, tiers-mondiste et panarabe finit par exacerber le président américain qui resta certes poli en écoutant un discours qui était tout le contraire de celui qu’il est espéré. L’expression de son visage ne faisait pas l’ombre d’un doute. Après le retour du président algérien dans son pays les relations entre les États-Unis et L’Algérie redevinrent froids et même plus que cela puisque la décennie 80 venant de s’achever fit place à une décennie considérée noire par l’Algérie qui combattait la subversion islamiste, une subversion largement encouragée par la Maison Blanche qui avait accueilli sur le sol américain un des responsables du FIS dissous Anouar Haddam qui avait une tribune médiatique autorisée par le département d’État américain. L’arrivée de Bouteflika au pouvoir dans les années 2000 changea légèrement la nature des rapports entre les deux pays mais pas dans le sens voulu par Alger et ce malgré les efforts fournis par des délégations d’hommes d’affaires d’un côté comme de l’autre. L’investiture d’Abdelmadjid Tebboune à la tête d’un pays qui a toujours un passif avec les États-Unis a été sondée par la visite et pour a première fois du chef de la diplomatie américaine à Alger où il a été reçu par le nouveau président. Cependant cette visite a eu lieu dans un nouveau contexte, celui de la guerre entre a Russie et l’Ukraine. Les Américains espéraient un gel des relations entre la Russie et l’Algérie et une meilleure coopération avec les alliés de l’Ukraine mais là aussi la réponsealgérienne a été ferme. Non ! L’Algérie est neutre et entretient des rapports cordiaux avec tous les pays du monde qui respectent son indépendance et ses principes bien arrêtés. Encore un message que les Américains refusent d’admettre car ils refusent qu’on leur dise les quatre vérités en face. Retour donc à la case départ certes avec une certaine nuance car l’Algérie est aujourd’hui entrée dans la cour des grands et il faut en tenir compte.
