On le savait depuis des années les médecins algériens préfèrent exercer leur profession en Europe, en France particulièrement où ils trouvent de meilleures conditions que celles qui existent dans leur pays. C’est avec le cœur serré qu’ils décident de quitter cette Algérie qui les a vus grandir et qui leur a permis d’arriver là où sont aujourd’hui.
Selon M.Berkani, le président de l’ordre des médecins nous assistons à une véritable hémorragie qui touche le corps des médecins du pays. Il y a actuellement trente demandes d’emplois adressés au ministère français de la santé publique mais aussi auprès de d’hôpitaux privés et seulement pour la seule capitale. Qu’en est –il pour le reste du pays ? Ces demandes reçoivent dans la plupart des cas une réponse favorable car la France manque cruellement de médecins généralistes mais aussi dans certaines spécialités. Avec des salaires nettement supérieurs à ceux octroyés en Algérie et qui de plus sont en euros, il n’est donc pas étonnant que ceux qui sortent de nos facultés de médecine et ayant terminé avec succès leur internat soient attirés par ce que le pays d’en face leur offre. De plus ils sont assurés d’être logés confortablement s’ils font le choix d’exercer dans une ville moyenne ou dans ces fameux déserts médicaux où certaines communes françaises leur offrent même la possibilité d’ouvrir un cabinet sans avoir à payer de loyer. Toutes ces conditions n‘existent pas en Algérie car de nombreux jeunes médecins ne trouvent même pas de travail et s’ils en trouvent dans les établissements publics sanitaire ils sont payés un salaire de misère, quant à être logés ils pourront en rêver. Cette situation est connue par le gouvernement mais tout indique qu’elle lui échappe complètement. L’ex ministre de la santé, Benbouzid, était sensible sur le sujet et il a toujours plaidé pour une réforme profonde du système de santé publique qui n’a jamais eu lieu car on n’a fait que du replâtrage. Il cite en exemple le départ des médecins et professeurs à l’âge de partir à la retraite mais qui sont toujours à leurs postes. Certains d’entre eux souligne l’ex ministre ont soixante-dix ans. Selon lui, ils occupent des postes qui devaient normalement être affectés à des jeunes médecins. C’est un exemple parmi tant d’autres mais le plus important concerne la situation socio professionnelle des médecins exerçant dans les hôpitaux publics ou les structures annexes de santé. Au lieu de se préoccuper d’eux en les gâtant comme le font tous les pays d’Europe et du Moyen-Orient on les néglige, voire même ils sont dévalorisés par ces bureaucrates qui gèrent les structures hospitalières, lesquelles les rémunère mieux qu’eux alors que leur boulot se fait dans les bureaux. Pour avoir une idée sur la situation socio professionnelle de nos médecins urgentistes, généralistes et même spécialistes qui exercent dans les CHU il faut savoir que leurs salaires est simplement le double de celui des paras médicaux alors que logiquement il doit être le quintuple. Cette situation est devenue intolérable pour ces jeunes médecins qui ont effectué un long parcours d’études et se retrouvent au même niveau qu’un fonctionnaire travaillant dans une circonscription administrative et dont la plupart du temps il est souvent d’ailleurs à faire des courses ou à se balader au volant de sa voiture pendant les heures de travail. Alors quand des pays qui ont besoin de médecins dans toutes spécialités offrent des situations imparables c’est tout à fait normal qu’il n’y ait la moindre hésitation. Le patriotisme en perd des plumes mais parce que ce même patriotisme pour un jeune médecin en quête de travail ou employé dans des conditions misérables n’a pas répondu comme il faut à ses besoins. L’État au lieu d’augmenter le point d’indice aux fonctionnaires administratifs pour leur permettre d’avoir un meilleur pouvoir d’achat aurait dû prioriser ceux qui travaillent dans un secteur dont la population fait appel constamment.
