L’interview de Tebboune au Figaro:
Toutes les zones d’ombre clarifiées

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Le président Abdelmadjid Tebboune a accordé une interview au journal de droite « Le Figaro ». On sait que ce journal n’a jamais été tendre avec l’Algérie, pourtant c’est à ce quotidien français que le président de la république a réservé un entretien exclusif et qui clarifie de manière éclatante ce que doivent être à l’avenir les relations entre les deux pays.

Le chef d’État algérien ne va pas par quatre chemins et les mots qu’il a prononcés sont pleins de sens et surtout d’une franchise qui ne laisse aucune place au doute ou à toute forme de spéculation dont souvent les journaux de l’hexagone sont friands. En Fait le président de la république n’élude aucune question posée par le journal. S’agissant de la question mémorielle qui revient souvent dans tout entretien accordé par le chef de l’État, le président donne plus de précision sur ce sujet et il affirme que cette question qui ne cesse de revenir sur le tapis est toujours essentielle pour l’Algérie mais il faut qu’elle soit abordée autrement. Par autrement le chef de l’État considère que ce travail a été confié à des historiens et que ces derniers doivent l’aborder sous l’angle historique et non plus politique. Ajoutant qu’il ne doit pas s’arrêter à la guerre mais aller jusqu’au début de la colonisation qui a duré 132 ans. Il y a des archives de plus d’un siècle qui doivent être explorées. C’est le travail des historiens et il ne doit pas être accaparé par les politiciens. Il faut que les Français mettent fin à ce complexe de colonisateur éclairé qui les a toujours animés, de même que les Algériens doivent casser définitivement leur complexe d’ancien colonisé car cela ne mène à rien. L’Algérie a changé souligne le président de la république. C’est à présent une puissance africaine et la France le sait. Toute condescendance de la part de la France est aujourd’hui bannie du lexique politique. Concernant la relation entretenue avec le président français, Tebboune dit qu’il « existe une certaine complicité entre nous ». Pour le chef de l’Etat Emmanuel Macron est différent, en tous points de vue, des présidents précédents. C’est un homme issu de son temps et qui comprend les enjeux planétaires, de plus, souligne le président son âge et son parcours personnel avant d’être élu président militent pour lui. Le président crée alors la surprise chez son interlocuteur lorsqu’il annonce un voyage d’État qu’il effectuera en France au cours de cette année. Au sujet des visas le président a répondu que la question des visas qui revient souvent sur le tapis est une question résolue depuis longtemps, d’abord par les accords d’Évian en 1962 et par ceux plus explicites de 1968 ; Ces accords conclus doivent être respectés car ils ne sont pas limités par le temps. Le président souligne d’autre part qu’il y a une spécificité algérienne concernant l’octroi des visas. Cette spécificité ne s’applique pas aux deux autres pays maghrébins.  Concernant l’’utilisation de la langue française en Algérie, le chef de l’État a répondu que l’Algérie ne fait pas partie d’une sorte de » Commonwealth linguistique » (allusion à la francophonie), ajoutant que le choix de parler et d’écrire français est un choix personnel, c’est aux familles algériennes qui envoient leurs enfants à l’école d’opter pour la seconde langue qui leur est offerte. Il se trouve dit le président que l’Anglais qui est la langue la plus usitée au monde a la cote par rapport aux langues latines dont le français.  En ce qui concerne la position de l’Algérie par rapport à la guerre en Ukraine, le président affirme clairement et sans aucune ambigüité que l’Algérie a depuis son indépendance choisie le non alignement, de ce fait elle a exclu toute forme de condamnation de la Russie.Voilà qui a le mérite d’être net et met ainsi fin à toute forme de quiproquo et toujours à propos de condamnation et cette fois –ci il s’agit de l’ONU le président ne comprend pas pourquoi l’organisation mondiale condamne fermement la Russie et se tait totalement sur les annexions illégales du Golan syrien et d Sahara occidental. Au sujet du terrorisme le chef de l’État affirme que celui-ci fait partie du passé de même que l’idéologie qui l’a répandue et qu’il ne comprend toujours pas pourquoi les occidentaux continuent de demander à leurs ressortissants d’éviter l’Algérie alors que c’est le pays le plus sûr d’Afrique du nord.  Au sujet du Sahel le président estime que l’occident n’a aucunement aidé l’Algérie à concrétiser l’accord d’Alger et que si cet occident avait mis sa touche en coopérant avec l’Algérie on n’en serait pas là aujourd’hui. Ce tour d’horizon fait par le président algérien à un journal français dont on ne soupçonne pas d’être sympathique pour l’Algérie a montré aux lecteurs français car c’est avant tout d’eux qu’il s’agit l’image d’un président algérien différent de ses prédécesseurs. Ils découvrent un chef d’État sur de lui qui n’utilise pas la langue de bois mais parle vrai et cette vérité ces français qui conservent encore une certaine nostalgie d’un passé définitivement révolu est un véritable camouflet.

 

 

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