Alors que les relations franco-algériennes se sont refroidies ces derniers temps à cause du coup fourré de l’ambassade de France en Tunisie qui a fait sortir du territoire tunisien une ressortissante binationale, Xavier Driencourt nie toute exfiltration de la concernée.
L ‘ex ambassadeur de France en Algérie qui occupait auparavant le poste de directeur de la DGSI invité de la chaine TV5 Monde a déclaré que les services de renseignements français n’ont rien à voir avec le départ en catimini de la ressortissante binationale, Amira Bouraoui et que c’est l’ambassadeur de France à Tunis qui est intervenu pour elle car c’était une citoyenne française. Ainsi Driencourt accuse indirectement la Tunisie d’avoir facilité le départ de Bouraoui. Pour l’ex patron de la DGSI les renseignements français ne s’occupent pas d’exfiltration. Faux ! Au contraire dirons–nous, c’est même une de leurs spécialités favorites. L’ambassadeur de France en Tunisie n‘a fait en fait que servir de couverture à une opération bien orchestrée dont le point de départ est l’Algérie. La concernée n’a pas pu, à elle seule et sans complicité franchir la frontière algérienne aussi facilement. De plus on sait qu’elle a trouvé refuge quelque temps en Tunisie, temps qui a permis de passer à la seconde étape, celle de prendre l’avion pour la France. Cela a failli capoter car les agents de la police des frontières tunisiens disposaient dans leur fichier une note adressée aux autorités tunisiennes dans laquelle il est fait état de poursuites judiciaires contre la concernée ce qui lui interdisaient de quitter le territoire algérien. Bouraoui a donc été empêchée de sortir de Tunisie. À partir de là tout s’emballe et ce que Driencourt désigne comme une intervention diplomatique n’est en fait qu’une pression exercée grâce à un subterfuge judiciaire qui s’appuyait sur un vide juridique amenant ainsi le juge tunisien habilité à juger cette affaire à faire valoir l’incompétence du tribunal, ce qui permit très rapidement à passer à la troisième étape, celle d’embarquer au plus vite Amira Bouraoui dans un avion à destination de la France. Tous ces détails Xavier Driencourt ne les fournit pas pourtant il aurait dû le faire mais il ne l’a pas fait pour la simple raison qu’il ne porte pas dans son cœur l’Algérie qu’il n’a cessé de critiquer ouvertement quand il quitta son poste d’ambassadeur. Quant à la concernée elle s’est déclarée avoir été persécutée pour ses propos dans son pays natal en tant que citoyenne algérienne de plein droit. Sauf qu’elle passe sous silence les propos graves qu’elle a prononcé et les motifs de son inculpation par les autorités judiciaires de son pays. Elle n’avoue pas qu’elle était allée trop loin dans l’invective contre l’Islam, les institutions de son pays et jusqu’ à l’atteinte intolérable contre la personne du président de la République. Elle savait qu’elle aurait été condamnée. Cette affaire donne aujourd’hui un aperçu sur le statut de binational qui permet à celui qui enjouit de jouer sur deux tableaux et souvent au détriment d’un pays par rapport à l’autre.
