Le groupe Sider confirme que c’est un géant aux pieds d’argile. La mise en examen de nombreux dirigeants liés à ce groupe public met en exergue la déliquescence du management. Le plus haut responsable du groupe en est l’unique responsable car ce PDG nommé dans des circonstances pour le moins singulières a prouvé son incapacité totale à maintenir le groupe à flot.
Lakhdar Aouchiche car c’est de lui qu’il s’agit à une formation de juriste et ignore tout sur tout ce qui concerne la production sidérurgique. Il avait été nommé à un moment où le management du groupe se vidait de pratiquement de tous ses cadres (dirigeants et supérieurs). C’était pour ainsi dire une solution provisoire, le temps de trouver un vrai manager à la tête de ce grand public, longtemps considéré comme le fleuron de l’industrie lourde nationale. Ce provisoire néanmoins dura longtemps, trop même, aux dires d’anciens cadres à la retraite qui connaissent bien ce PDG pour avoir pris contact avec lui dans des affaires de contentieux mais uniquement. Tous confirment que le parcours de cet homme n’a strictement rien à voir avec tout ce qui touche au process de production ni à l’aspect commercial. On se demande d’ailleurs pourquoi les différents ministres de l’industrie qui ont pris attache avec ce nouveau PDG n’ont pu déceler les défaillances pourtant perceptibles de ce dirigeant. En fait même s’il est présumé innocent dans cette affaire IMETAL, la justice lui reprochera une ignorance feinte ou coupable. En fait ce manager malgré lui d’un groupe public aussi important que celui de Sider est mis à nu et il ne pourra plus exercer une telle responsabilité, car si c’est le cas Sider sombrera dans une médiocrité sans fin et finira mal. Il est temps que la tutelle prenne les choses en mains en commençant par nommer un gestionnaire connaissant parfaitement le cœur du métier mais aussi l’aspect commercialisation. Sans la direction d’un tel manager le groupe public et les entreprises qui sont sous sa coupe, à commencer par le complexe d’El Hadjar restera toujours marginalisé et ne pourra plus rivaliser avec un concurrent qui monte en puissance comme Tosyali à l’ouest du pays. Bellara quant à lui a pour partenaire un groupe industriel qatari, cependant les décisions concernant sa montée en puissance se font au ralenti à cause justement de l’absence de décisions énergiques de l’actuel PDG. Jusqu’à quand le complexe d’El Hadjar continuera d’être un gouffre financier alors que les autres complexes sidérurgiques que nous venons de citer sont en passe de redorer le blason de l’industrie sidérurgique algérienne ? Enfin quand El Hadjar et toutes les filiales du groupe Sider mettront-ils de l’ordre dans la gestion de leur trésorerie, laquelle est soumise au diktat du syndicat qui s’est toujours immiscé dans cette gestion. N’est–il pas grand temps d’y mettre fin ? La nouvelle loi sur l’exercice du droit syndical le permet aujourd’hui. Depuis des décennies les gestionnaires du groupe Sider ont été les otages du syndicat dont les pratiques douteuses ne sont un secret pour personne. Enfin le moment n’est–il pas venu de séparer le social cédé au syndicat de la gestion de l’entreprise. Pourquoi ne plafonne-t-on pas définitivement le budget consacré au social, permettant à ceux qui le gèrent de faire attention aux dépenses la plupart du temps incongrues qui dilapident en un temps record un tel budget ? Pourquoi, par ailleurs la gestion de ce social ne serait-elle pas contrôlée chaque année par un commissaire aux comptes spécialement affecté à la comptabilité du social laquelle ne doit pas être greffée au contrôle de la comptabilité du groupe ? Toutes ces questions doivent devenir la priorité des priorités si on veut vraiment que ce grand groupe public économique reprenne sa place parmi les grands des grands comme Sonatrach, Sonelgaz et Algérie Télécom.
