Commémoration du 19 mars Nul n’a droit d’oublier les atrocités de l’OAS

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Le 19 mars 1962 le cessez le feu entre en vigueur sur l’ensemble du territoire, mettant ainsi fin à plus de sept années de guerre en Algérie. Une guerre qui causa la perte de plus d’un million d’Algériens, combattants et civils mais ce qui suivra après ce 19 mars est tout simplement ignoble. Une organisation para militaire dirigée par un général dissident, Raoul Salan va mettre à feu et à sang Alger et Oran.

Au cours de ces trois mois qui séparent le référendum d’autodétermination faisant partie des accords d’Évian, les villes d’Alger et d’Oran où est concentrée la majorité des Européens d’Algérie vont subir de la part des militants de l’OAS cautionnés moralement par la plupart de ces Européens, habitant ces grandes agglomérations une guerre sans merci contre ce qu’on appelait à l’époque les populations musulmanes. Des attentats à la bombe (plastiquage) des exécutions sommaires, des destructions de biens appartenant à ces musulmans ont causé plus de morts, de blessés et de dégâts qu’au cours des sept années de guerre. Les statistiques établies au cours de cette période par la préfecture d’Alger affirment que ce qu’a fait l’OAS durant ces trois mois est six fois supérieur à ce que fit le FLN au cours de la bataille d’Alger. La rage de cette organisation dont le racisme et la xénophobie éclatèrent au grand jour ne connaissait aucune limite. L’OAS bénéficiait de l’aide à peine voilée d’officiers de l’armée française qui lui procurait des armes, des uniformes et des renseignements sur les cibles des attentats en évitant les barrages mis en place par la gendarmerie et la garde mobile françaises, ciblées elles aussi par l’OAS. À Alger et à Oran tout musulman était devenu une cible des tueurs de cette organisation macabre. Un jour c’était consacré à l‘assassinat des facteurs, un autre à celui des éboueurs, des pharmaciens, des commerçants des femmes de ménage, des coursiers et même des sans domicile fixe. Tous étaient musulmans. Toute cette boucherie s’effectuait sous l’œil complaisant des pieds–noirs qui applaudissaient sur leur passage ou du haut de leurs balcons l’horrible carnage. D’autres villes à fortes populations européennes comme Bône et Constantine ont également eu leur lot de morts exécutés sommairement ou péris suite à des plastiquages mais c’était sans proportion par rapport à Alger et Oran. La terreur imposée par l’OAS visait un objectif précis, celui de faire réagir le FLN en le poussant à réactiver son organisation militaire dans toutes les villes du pays où il encadrait de manière ordonnée la population algérienne souvent concentrée dans des quartiers comme La Casbah et El Hamri à Oran. Cependant le mot d’ordre de la direction révolutionnaire était clair : Ne pas répondre aux provocations et consentir à tous les sacrifices car le jour de la liberté pour le peuple algérien est proche. C’est donc un mini holocauste envers la population musulmane des principales grandes villes algériennes qui prenait forme ; semblable à ce que connurent les juifs au cours de la période nazie. En effet quelle différence y a-t-il entre les exécutions commises par les Eizengruppen nazis et les commandos de l’OAS ; En réalité aucune. Les deux concernés étaient motivés par la haine et le racisme envers des populations ciblées. En fait ces expatriés européens qui quittèrent en masse l’Algérie car ils avaient peur de la vengeance du peuple algérien après l’indépendance expient une faute majeure, celle d’avoir soutenu corps et âme une organisation criminelle, la pire qu’elle soit. En embarquant dans les bateaux et dans les avions pour fuir cette Algérie où ils auraient pu vivre sereinement s’ils n’avaient pas soutenu massivement l’horreur mais le sort, leur sort en décida autrement. Finalement ils ont bien fait de partir car bien que le nouvel État s’était engagé à ne leur faire aucun mal et que s’ils le désiraient au bout de trois ans prendre la nationalité algérienne c‘était leur choix comme cela avait été conclu dans les accords d’Évian. Aujourd’hui leurs descendants établis depuis 1962 en France regrettent amèrement leur départ massif à cause de l’alignement sans réserve de leurs parents et grands-parents à une entreprise de haine. Trop tard !

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