La récente visite à Alger de la cheffe du gouvernement tunisien, la troisième en quelques mois démontre encore une fois que le pays voisin a un besoin presque vital du soutien de l’Algérie dans tous les domaines et en particulier économique. Soutien affirmé par le président Tebboune et qui ne faiblit pas.
L’Algérie et son président sont encore sollicités par la Tunisie. En fait c’est le seul espoir qu’elle entretient car sans le soutien de son grand voisin qui est en train d’accéder à l’émergence et qui fera vraisemblablement partie du club encore restreint des puissances économiques ce pays risque l’effondrement, car ni le FMI, ni les pays « frères » du monde arabe, ni encore moins l’occident ne veulent lui venir en aide. Seule l’Algérie mise sur le pari du président de ce pays qui partage les mêmes idées politiques que son homologue algérien qui lui a fait la promesse solennelle de ne pas le laisser tomber, quoiqu’il en coute. La Tunisie traverse la pire crise économique, sociale et politique de son histoire. Ce « printemps arabe » qui a pris naissance dans ce pays et renversé la dictature de Ben Ali n’a pas arrangé les choses. Bien au contraire. Au nom de la liberté et de la démocratie calquée sur l’occident les tunisiens ont cru naïvement que ce changement qui est aux antipodes de la culture arabo musulmane allait hisser leur pays vers un horizon de prospérité et d’égalité entre tous les citoyens. C’était une illusion et ils ont vite compris qu’entre les valeurs occidentales et elles qui sont enracinées dans un pays appartenant au monde arabe et musulman il existe un gouffre très profond. Cela s’est d’ailleurs aussitôt traduit par l’émergence du parti islamiste « En Nahda » qui a remporté très largement les premières élections libres post Ben Ali. Un parti contenant divers groupes appartenant à la frange radicale de l’Islam politique qui remettait en cause le mode de vie des tunisiens dont une partie répondait aux critères d’une laïcité à la tunisienne imposée et institutionnalisée par le premier président de la République, Habib Bourguiba. Les classes populaires majoritaires dans ce pays étaient quant à elles très attachées aux valeurs ancestrales. Au lendemain donc de cette révolution dite du jasmin la scission entre les laïcs et les islamistes s’installa et provoqua une autre révolution, idéologique, celle–là. Avec l’élection d’un parlement aussi divisé qui réduisait l‘action du président de la république les gouvernements nommés par ce dernier ne duraient pas longtemps. Il devenait évident que la Tunisie n’était nullement préparée à vivre avec un régime parlementaire, semblable à celui qui existe en Italie, sauf que dans ce pays l’économie était séparée de la politique et les italiens n’éprouvaient pas le moindre gène car cela n’influait nullement sur leur quotidien. La croissance était toujours préservée et ce qui se passait au parlement ressemblait plutôt à une scène de théâtre où les Italiens étaient des spectateurs. Ce qui n’était pas du tout le cas des Tunisiens dont l’économie était dirigiste et pour moitié publique et lorsqu’un gouvernement d’obédience islamiste ou laïc essayait à sa manière et selon ses idéaux politiques de renouer avec la croissance économique il trouvait en face de lui un blocage exercé par une opposition réfractaire. Arriva alors la plus grande des catastrophes que le pays ait connues, celle de la pandémie du covid qui mit le pays à genoux économiquement car la seule ressource qui maintenait le pays à flot est et reste le tourisme. En l’espace de deux années ce secteur éminemment stratégique s’effondra et plus rien désormais n’était comme avant. Le chômage explosa, celui des jeunes en particulier qui choisirent de s’exiler en masse au péril de leur vie. L’élection présidentielle qui propulsa un homme inconnu de la classe politique traditionnelle va provoquer un séisme institutionnel. Cet universitaire de haut rang dont les cours en sciences politiques faisaient affluer des centaines d’étudiants séduits par les interventions de ce professeur. Son investiture à la tête de l’État tunisien allait en un temps record remettre en question le mode institutionnel en fonction. Pour le nouveau président le mal dont souffre la Tunisie émane essentiellement de la classe politique dont les membres étaient corrompus et ne visaient que le maintien de leurs places confortables au parlement. En changeant la constitution par un vote largement boycotté mais qui était légal, le nouveau chef de l’État donna un grand coup de balai en prenant désormais l’initiative, la sienne, pour changer la situation catastrophique dans laquelle était plongée la société tunisienne. Il écarta les islamistes et les nostalgiques du Néo Destour pro bourguibien ou les libéraux oligarques qui soutenaient Ben Ali. Il s’en prit également à la gauche composée majoritairement de communistes et de syndicalistes de l’UGTT qui se sont rangés immédiatement dans cette opposition frontale mais totalement divisée qui ne voulait pas perdre ses privilèges. Ce nouveau président fait aujourd’hui face à tous les maux qui rongeaient la société tunisienne mais qui étaient cachés. Leur apparition au grand jour donne un aperçu éclatant de vérité sur la et les politiques minées par un consensus de façade qui ne résiste plus à la réalité, celle d’un pays très fragile qui a besoin de voir plus clair sur son avenir en danger permanent par un présent qui risque de l’entrainer au chaos. Un chaos que l’Algérie n’en veut pas et pour cette raison elle aidera financièrement mais aussi économiquement e misant sur des projets communs qui écarteront dans un proche avenir les ténèbres de la misère et du sous-développement
