Selon le rapport annuel « Henley and Partners » complété par un autre « Africa Wealth Report » les grandes fortunes africaines se trouvent majoritairement dans les ex colonies anglaises à l’exception de l’Afrique du sud et de l’Égypte qui sont au plus haut du palmarès. Notre pays ne compte que 2800 millionnaires (en dollars) et est dépassé par le Maroc qui en compte 5800.
L’Algérie est donc descendue de plusieurs crans. Ce n’était pas le cas au cours de la mandature de feu l’ex président de la république, Abdelaziz Bouteflika où des oligarques à l’instar d’Ali Haddad, de Takhout et de dizaines d’entre eux possédaient à eux seuls l’équivalent du tiers du budget en devises du pays. Bien sûr on ne connaissait pas le montant de leurs fortunes car ils prenaient garde de le déclarer. Mais une chose est sure chacun d’eux possédait des centaines de millions de dollars en biens et en argent, argent qu’ils prenaient soin de le transférer ailleurs, généralement dans des banques « off-shore » lesquelles prélèvent un pourcentage confortable. Après leur mise en détention et la saisie de leurs biens immobiliers, mobiliers et leurs avoirs bancaires déposés dans les banques publiques algériennes, les autorités ont saisi l’importance de leurs places dans l’économie du pays et celles–ci dépassaient l’entendement. La récupération de leurs possessions ne signifie pas pour autant qu’ils sont complètement dépouillés, loin de là ! Ces oligarques avaient senti le vent tourner à la fin du quatrième mandat du président défunt. Ils avaient senti qu’un cinquième mandat ne passerait pas. La grogne populaire gagnait du terrain et on était aux bords de l’explosion sociale alors la solution pour une bonne partie d’entre eux, du moins ceux qui ont toujours été sous les feux de l’actualité c’était de prendre leurs précautions et placer leur argent dans des patrimoines immobiliers d’apport à l’étranger mais aussi en achetant des actions boursières dans des entreprises très cotées. C’est notamment le cas d’Ali Haddad dont une grande partie de ses avoirs en devises ont été placés aux États–Unis. Il dispose d’ailleurs d’un bureau de liaison à Paris dont la gestionnaire est une femme. Il possède aussi des hôtels en Espagne achetés au temps où il pouvait en toute légalité acquérir ces propriétés. Alors dire selon ces rapports annuels que l’Algérie compte 2800 millionnaires possédant une centaine de millions de dollars et qu’il n’y a qu’un seul milliardaire, sans doute Issad Rebrab c’est totalement ignorer la fortune de ces oligarques qui s’élève à plusieurs milliards de dollars. Bien sûr c’est le côté officiel qui compte mais le coté officieux n’est jamais révélé car il passe au travers des canaux officiels. Donc on ne saura jamais le nombre réel des millionnaires algériens qui possèdent des centaines de millions de dollars car la plupart d’entre eux avaient réagi avant que la tempête ne balaie leur pouvoir et leur influence. Aujourd’hui la justice algérienne tend tant bien que mal de récupérer une partie de la fortune de ces oligarques placée à l’étranger mais elle est confrontée à une armée d’avocats payés par leurs représentants qui rendent très difficile une telle récupération. Certains pays comme la France jouent le jeu pour des raisons politiques évidentes mais leurs actions sont limitées à cause des mécanismes juridiques qui les empêchent d’agir de manière coercitive. Quant aux pays qui n’ont signé aucune convention allant dans le sens des fortunes acquises frauduleusement dans le pays d’origine et transférés dans le pays d’accueil il faut se rendre à l’évidence que la justice algérienne ne pourra rien. La bonne nouvelle cependant c’est qu’avec l’investiture d’Abdelmadjid Tebboune à la tête du pays, l’oligarchie n’existe plus et ceux qui parviennent à posséder 1 million de dollars et plus se sont appropriés de cet argent dans une stricte légalité. Dans une dizaine d’années leur nombre va s’accroitre avec la croissance économique retrouvée et probablement qu’il n’y aura plus un seul milliardaire mais davantage sauf que ces grandes fortunes sont et seront transparentes du moins en grande partie car quoiqu’on le veuille il y aura toujours des failles dans le maillage.
