Usage de stupéfiants :De plus en plus fréquent en Algérie

0
243

La consommation de drogue n’a pas baissé dans le pays. Au contraire elle n’a fait qu’augmenter. Il y a une époque où seule une frange de la population adulte fumait de la « zatla » puis avec la suppression de l’autorisation de sortie du territoire et la permission de voyager librement la consommation des stupéfiants s’élargit à une population plus jeune qui a pris l’habitude de fumer un « joint » ou plusieurs grâce notamment à une plus large disponibilité.

Le cannabis entrant par la frontière ouest du pays trouvait preneur. Le trafic de cette drogue dite douce mais néanmoins rendant dépendant celui qui en consommait explosa en l’espace de dix ans au cours de la décennie 80. Des réseaux d’acheminement et de distribution se sont constitués en une sorte de cartels qui certes n’ont aucune comparaison avec ceux de l’Amérique latine mais qui étaient tout de même bien organisés. À la tête du trafic il y a ceux qu’on désigne sous le terme de « Maalem » dont le profil est quasiment identique à celui des barons de la drogue européens. Ayant suffisamment d’argent accumulé au cours de cette période dite de « l’Infitah » décidée par le président Chadli  où le « trabendo » ancêtre du commerce informel est devenu une source exponentielle de profits, certains trabendistes, face à la concurrence prolifique qui s’est installée dans ce créneau ont alors fait le choix d’aller fructifier ce qu’ils avaient amassé de profits vers un commerce éminemment plus fructueux, celui de  cannabis qui rapportait dix fois plus que le commerce de biens de consommation, d’équipements ou de luxe provenant de Turquie ou d’Italie. Leur regard est alors fixé sur le Maroc où la production du cannabis fournissait tout ce qu’ils avaient besoin. Or le besoin il fallait le créer et c’est alors que les gros trafiquants songèrent à drainer dans leur trafic une population jeune concernée de plus en plus par la déperdition scolaire. Ils les embauchèrent comme dealers. Leur fonction consistait à trouver la clientèle et celle–ci était toute désignée : Les jeunes des quartiers, la plupart des désœuvrés, au chômage, sans perspective d’avenir, vivant très mal leur vie en famille. Ces jeunes se sont alors mis à consommer et devinrent pour certains d’entre eux des guetteurs et montaient aussi en grade en accédant au rang de petits dealers pour se procurer de l’argent afin d’acheter pour eux ce qu’ils doivent consommer. Cette quadrature du cercle s’arrêta au cours de la décennie noire quand les groupes armés du FIS et du GIA mettaient à mort tous ceux qui vendaient la drogue et bastonnaient jusqu’au sang ceux qui en consommaient. Avec la fin du terrorisme et la période dite de réconciliation le trafic reprit de plus belle. Il s’accentua même pour se généraliser à travers l’ensemble du territoire national et particulièrement dans les villes grandes et moyennes. Un phénomène nouveau apparut alors. Jusqu’ici la consommation de drogue par inhalation ne concernait qu’une population masculine. Arriva alors un autre produit les psychotropes. Cela allait de l’amphétamine (la plus dangereuse) aux « calmants » prescrits la plupart du temps par des médecins à des patients souffrants de stress, de dépression ou de forme de maladie mentale donnant lieu à la bipolarisation. Ces nouveaux produits ont diversifié la catégorie des consommateurs ; Les femmes ou plus précisément les jeunes filles, généralement des adolescentes se sont mises à en consommer de plus en plus, générant ainsi un marché égal ou supérieur à celui du cannabis. Les barons de la drogue se sont alors emparés de ce marché juteux et très lucratif. Ils se tournèrent alors vers des pays africains comme le Cameroun, la Cote d’Ivoire, le Sénégal et surtout le Nigéria ou pullulaient des laboratoires de production de toutes sortes de psychotropes. C’est à travers la frontière sud du pays que ces produits entrent au pays et inondent le marché. Depuis quelque temps et à cause d’une surveillance potentiellement accrue de notre frontière sud, des laboratoires clandestins ont fait jour dans le pays et ont pris le marché en mains. Il n’y a aucune statistique qui chiffre le nombre de jeunes des deux sexes accros aux stupéfiants mais si on tient compte des centaines d’arrestations par jour par la police de ceux qui vendent et de ceux qui consomment il semble que le pourcentage de personnes consommant de la drogue dépasse l’entendement. Pourvu que la cocaïne et l’héroïne qui commencent à faire leur apparition ne suivent pas le rythme de ces drogues considérées comme douces mais néfastes pour la santé mentale de ceux et celles qui les consomment.

 

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici