Enfin l’industrie textile en Algérie sort d’un très long sommeil. Longtemps mise à l’écart à cause d’une production vestimentaire de piètre qualité, le secteur privé qui l’a boudée depuis des décennies marquées par une économie socialiste où les seuls intervenants appartenaient au secteur public (SONITEX), a, depuis un quelque temps pris la relève et entend produire des vêtements de qualité en partenariat avec de grandes marques internationales.
Il était temps car le secteur du textile et du cuir était moribond. La plupart des vêtements, chaussures et cuirs étaient importés de Turquie et de Chine et les Algériens n’achetaient jamais les produits fabriqués localement car non seulement ils étaient plus chers mais de qualité médiocre. Les produits importés inondaient les boutiques et les trottoirs des rues et on se les arrachait. Le vestimentaire est détenu à plus de 80% par le commerce informel. Un océan d’argent impressionnant en dinars convertis aussitôt en devises était accaparé par les barons de l’informel lesquels ne versent aucun sou au fisc. Devant une telle calamité des opérateurs privés saisissant l’importance que revêt une industrie du vêtement, de la chaussure et du cuir se sont lancés dans la production textile mais en partenariat avec des marques étrangères de renom qui ont fait leur preuve dans le monde. Le pari qu’ils font n’est pas périlleux car la demande est potentiellement forte. Il faut donc répondre à celle–ci et briser le cercle du commerce informel. Pour arriver au résultat escompté l’apparition de marques très appréciées par les algériens devient une nécessité absolue. C’est de cette manière que les produits importés baisseront car de tels produits ne correspondent nullement aux normes prescrites et leur durée de vie dépasse rarement six mois. Ces industriels du textile qui viennent de se lancer ont bien pris le soin de réfléchir à la question et se sont rendus compte que la matière première ne fait pas défaut en Algérie et pour eux cet élément est important Mais ce n’est pas suffisant pour confectionner des vêtements, chaussures et tenues en cuir, il faut du savoir-faire et celui–ci est absent, or sans ce dernier toute production serait vouée à l’échec, d’où l’exigence d’un partenariat étranger lequel a tous les atouts en mains. C’est ainsi et avec l’accord du gouvernement une première tentative a été réalisée, non loin d’Alger dans un complexe textile. L’investissement a été considérable et il concerne l’équipement. Celui-ci devant être à la pointe de la technologie. La seconde étape a été consacrée à la formation, une formation se greffant à la technologie mise en place. Beaucoup d’informaticiens ont été engagés dans le processus de production. Ils seront entourés par des personnels appartenant aux partenaires étrangers, le temps que les employés algériens acquièrent le savoir-faire indispensable. Beaucoup de marques internationales sont intéressés pour venir en Algérie car le marché national est prometteur. Il y aura sans doute des associations ou des entrées dans le capital des sociétés algériennes qui se lanceront dans le textile. Ainsi et pour la première fois depuis l’indépendance l’Algérie pourra concurrencer les pays voisins que sont la Tunisie et le Maroc et se permettra même d’exporter ses produits à l’extérieur. L’intéressant dans cette entrée en production textile de l’Algérie c’est que ce pays a délibérément écarté le modèle choisi par ses voisins dont les marques de vêtement sont propriétaires de leurs usines. Ce ne sera pas le cas en Algérie qui a choisi la formule d’un partenariat gagnant–gagnant.
