Dossier de la mémoire: La feuille de route algérienne communiquée

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Mercredi dernier et par visioconférence a eu lieu la première réunion de la commission mixte algéro-française chargée de ce qu’on appelle communément la question mémorielle. Une réunion à distance mais parfaitement audible pour les deux parties. Chacune d’elles a exprimé son avis. La partie algérienne a, pour sa part, présenté sa feuille de route.

On s’est mis d’accord pour traiter de la globalité de ce dossier de la mémoire et non en fractionner les périodes. Les deux parties savent que cela prendra du temps mais celui-ci est nécessaire pour arriver à parler d’une période de 132 années de colonisation. Celle–ci inclut bien évidemment les sept années et demie de la guerre d’indépendance. Côté français, comme côté algérien il a été convenu de poursuivre la concertation pour mettre en place un programme futur des négociations et de fixer les grandes réunions de la commission mixte. Cela veut dire que pour la première fois dans l’histoire des relations entre les deux pays le terrain est déblayé. Les deux parties savent à présent ce qu’ils ont à faire. Auparavant c’était au niveau des chefs d’État des deux pays que cette épineuse question mémorielle était abordée au cours des visites officielles effectuées par les présidents français. On prenait soin de l’écarter des discussions officielles par simple courtoisie, sauf que le problème revenait à chaque fois sur le tapis souvent par les français eux-mêmes pour des raisons de politique intérieure, faisant alors réagir à chaque fois les Algériens pour rappeler à la France que cette question est loin d’être résolue. Lors du voyage de François Hollande à Alger et son intervention auprès du parlement algérien on a repris espoir de parler de cette question mais cela a été remis à plus tard à cause des revers politiques subis par le parti socialiste français qui ont amené le président français à ne pas se représenter pour un second mandat, prévu en 2017. Certes entre temps l’ex président avait reconnu en termes nets et précis la responsabilité de l’État français dans la tuerie de centaines d’Algériens résidant en France un certain 17 octobre. Un geste apprécié par Alger mais qui était loin de ce que les Algériens voulaient, c’est-à-dire aborder le problème de la colonisation dans son intégralité. Il a fallu attendre la succession du président Hollande à l’Élysée d’Emmanuel Macron, lequel au cours d’une brève visite à Alger effectuée au cours de sa campagne électorale avait nettement déclaré que la France avait perpétré des actes dans ses colonies pouvant être assimilés à des crimes contre l‘humanité. Une déclaration qui suscita un tollé de l’autre côté de la Méditerranée et qui fut aussitôt ravalée par Macron qui corrigea le tir mais Alger comprit qu’avec ce président de la nouvelle génération de français  qui n’ont jamais été impliqués d’une façon ou d’une autre dans la guerre d’Algérie on pouvait discuter. Cela prit du temps, pratiquement out le premier mandat du président français qui assista entre temps au bouleversement politique qu’a connu l’Algérie en 2019 qui amena au changement de la direction politique précédente qui exerça son pouvoir pendant une vingtaine d’années ; Avec un nouveau président à la tête du pays les premières impressions d’Emmanuel Macron ont été d’une extrême maladresse envers le chef d’État algérien fraichement élu. Cependant le président français réalisa tout de suite son erreur et a alors tout fait pour établir un contact avec le nouvel homme fort de l’Algérie, contact qui surprit complètement le français sur la hauteur de vue et de vision de son homologue algérien, lequel lui fit comprendre que sous sa direction il est question de mettre à plat tous les différents qui ont empoisonné les relations algéro-françaises depuis l’indépendance et le point essentiel étant de dire enfin la vérité et sans aucune complaisance de ce qui s’était passé au cours des 132 ans de présence française en Algérie. Le message a été reçu cinq sur cinq par le président français, lequel, lors de son voyage officiel en Algérie a signé au nom de son pays une déclaration politique dans laquelle il s’engage à faire des relations entre les deux pays un exemple et bien sur le dossier de la mémoire y figure en bonne place.

 

 

 

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