Journée internationale de la liberté de la presse :Quel sens donner à cette liberté ?

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Les Etats-Unis sont le premier pays au monde à consacrer dans son intégralité la liberté de la presse. C’est inscrit, noir sur blanc dans la constitution américaine, enrichie par un amendement. Tous les autres pays, bien qu’ils le proclament ouvertement ne sont pas logés à la même enseigne et cela pour diverses raisons.

La France s’inscrit souvent en porte à faux en ce qui concerne la liberté de la presse. Ce pays prétend qu’il défend celle–ci mais dans les faits et pour des raisons d’État et surtout des agissements de groupes de pression dont la préoccupation première est le profit mais aussi des chapes de plomb idéologiques qui orientent l’information dans le sens voulu par eux. Un exemple frappant illustre ce lien puissant existant entre l’argent et l’idéologie, celui de CNEWS et dans une moindre mesure BFMTV ; Quant à la presse écrite dont le journal « Le Monde « est souvent cité en exemple celle–ci élude souvent la véritable information en lui préférant le commentaire, lequel est lui aussi orienté idéologiquement ou étant l’otage de lobbys puissants. L’autre exemple illustratif de cette presse écrite concerne « Le Monde ». Ce journal fondé au lendemain de la seconde guerre mondiale qui s’était structuré en une société de rédacteurs actionnaires s’est distingué durant des décennies en publiant des écrits honnêtes en donnant la parole aux contradicteurs et offrant une page à des débats libres. Avec l’irruption de technologies de la communication ce modèle s’effondra et ce quotidien, longtemps prestigieux est devenu semblables à ses autres confrères. Non la France n’est pas un pays que nous pouvons citer en exemple en ce qui concerne la liberté de la presse. Chez nous, en Algérie la liberté de la presse n’a jamais existé jusqu’en 1989.  Elle était carrément muselée et les journaux, tous publics, étaient les portes paroles du pouvoir politique et du parti unique. Les journalistes, souvent talentueux qui écrivaient dans ces quotidiens et hebdomadaires en langue nationale ou française ne pouvaient dire ce qu’ils ont envie d’écrire car ils étaient tout simplement censurés. Avec le changement politique intervenu en 1989 et l’adoption d’une nouvelle constitution la liberté de la presse est officiellement consacrée. La nomination d’un chef de gouvernement sensible à tout ce qui concerne les libertés fondamentales a permis à ce concept de liberté de la presse de prendre enfin forme. Du jour au lendemain on assista à un foisonnement de journaux indépendants dont les gérants n’étaient autres que ces grands journalistes qui écrivaient dans les journaux publics. L’assurance qu’ils ont obtenu de Mouloud Hamrouche ce chef de gouvernement cité plus haut qu’ils pouvaient écrire ce qu’ils voulaient sans avoir à être inquiétés donna à cette nouvelle presse un élan formidable. Les citoyens qui étaient habitués à lire des comptes rendus officiels dans les journaux étatiques se sont mis à ruer dans les kiosques à journaux en s’arrachant ces nouveaux titres qui leur donnaient des informations qu’ils n’avaient jamais eu accès dans le passé. C’était réellement une période prolifique. Malheureusement elle fut de courte durée car un courant théocratique fustigeant la démocratie et toute liberté de pensée avait fait irruption dans la société algérienne de l’époque en lui promettant monts et merveilles si celle–ci adhérait à sa pensée rétrograde. Nous savons ce qui s’est passé par la suite et le pays en paya lourdement le prix. Lorsque cette lutte fratricide prit fin, elle entraina avec elle tout l’espoir introduit en 1989. Le nouveau pouvoir qui prit la place de l’ancien instrumentalisa à son usage exclusif la presse et les nouveaux médias audio-visuels qui firent leur apparition. Il fit de la publicité institutionnelle une épée de Damoclès au-dessus des propriétaires de journaux dont le nombre n’a cessé d’augmenter. Désormais la seule règle qui existait dans ce foisonnement de titres privés c’était d’obtenir le plus de pub institutionnelle et leur permettre de gagner le plus d’argent possible. Pendant vingt ans que dura ce pouvoir les journaux et les chaines télé s’empressaient de gagner les grâces du pouvoir et tout ce qu’il incarnait car à l’intérieur de celui-ci il y avait des clans qui se minaient entre eux pour être proches du sommet de l’État. Il y avait aussi une oligarchie laquelle comprenant l’intérêt d’avoir un espace de communication avait, elle aussi, créé ses propres organes d’information écrits et audio visuels et bien sur ces oligarques dont le plus en vue d’entre eux n’est autre qu’Ali Hadad profitaient de cette publicité gratifiante que leur prodiguait le pouvoir de l’époque. Peut–on décemment parler de liberté de la presse quand l’argent est aux commandes ? La réponse est non et triplement non ! L’arrivée au pouvoir d’une autre direction politique après le soulèvement populaire pacifique du 22 février 2019 et l’investiture d’un président à la tête du pays qui promet dans son programme présidentiel de restaurer la liberté de la presse donne aujourd’hui quelque espoir que cet élan connu en 1989 revienne. Ce sera difficile car pendant vingt ans la presse et les chaines télés ont été l’objet de perversion. Aujourd’hui les comportements de certains propriétaires de journaux privés ont certes changé par peur de se voir privés de publicité institutionnelle qui leur permet de subsister mais une telle peur n’a aucun sens car ce que leur demande aujourd‘hui la nouvelle loi de l’information c’est d’être honnêtes dans leurs écrits sans pour autant devenir serviles. Il leur est surtout exigé d’accompagner le pays dans ses efforts gigantesques de transformation de la société entrepris depuis décembre2019 et cela demande une audace intellectuelle mais sur fond de vérité.

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