Tourisme, restauration de la vieille ville, tramway, ce sont autant de projets qui ont toujours fait parler d’eux mais dont la conception n’a jamais été sérieusement envisagée. Il y a eu certes des esquisses mais celles-ci ont été abandonnées et on ignore d’ailleurs les raisons.
Tous les walis qui se sont succédés eurent devant les yeux de tels projets mais aucun d’eux n’avait insisté pour les réaliser. Etaient-ils bâclés ? Ou coutaient-ils trop chers ? Certaines APW les avaient pourtant remis sur rail en les soumettant à débats. Les archives d’anciens rapports de ces assemblées élues l’attestent. Il y a donc quelque chose qui coince qui a souvent amené les représentants de l’Etat à la tête de cette wilaya à les abandonner ou selon la formule la plus largement utilisée, remettre à plus tard. Sauf que cela dure depuis des années. La wilaya d’Annaba accuse un sérieux retard dans la rénovation surtout en ce qui concerne son chef lieu. Dans la plupart des wilayas, dont certaines d’entre elles affichaient triste mine avant le début du nouveau siècle le changement est perceptible. Elles se sont agrandies et se sont dotées d’infrastructures modernes qui font aujourd’hui la joie des habitants de ces circonscriptions territoriales. A Annaba à part la construction de milliers de logements, qui sont le fait, rappelons-le des politiques gouvernementales et non de la wilaya, la ville proprement dite n’a guère changé. Elle présente le même aspect que celui qu’elle a toujours eu au temps de la colonisation. Certes l’OPGI est en train de donner meilleure figure à certains immeubles, une minorité dirons-nous, dont la construction date du siècle dernier ou celui d’avant mais cela concerne seulement l’apparence extérieure. Pourtant, de l’avis d’architectes Il y a du bâti qu’il faut carrément détruire et le remplacer par des immeubles à l’aspect futuriste correspondant à ce qui se fait maintenant dans toutes les villes du monde. C’est le cas des rues Emir Abdelkader, Ibn Khaldoun et Ben Badis dont la disproportion architecturale est visible. Ces grandes rues donnent l’impression à tout visiteur étranger qui découvre pour la première fois Annaba d’être des artères de bourgades et non d’une ville qui a le statut de quatrième cité d’Algérie. L’autre aspect, lié celui là au tourisme est cette absence navrante de lieux de loisirs et de détentes. Citons, à titre d’exemple les salles de cinémas qui présentent un aspect hideux comme c’est le cas d’El Manar dont la laideur fait mal aux yeux. C’est aussi le cas du cinéma El Karama, dont le propriétaire a mis la clé sous le paillasson, mais aussi de l’Edough dont une annexe a été transformée en une taverne moyenâgeuse. Dans une ville qui a décidé à un moment donné que se tienne chaque année un festival de cinéma, cela fait désordre car les autorités organisatrices sont obligées de mobiliser le Théâtre régional, le palais de la culture et la cinémathèque restaurée pour la projection des films alors que tant de salles existent comme l’Olympia , l’Ifriqiya et toutes celles que nous venons de citer. Mais il n’ y a pas que le cinéma qui reconnaissons-le a perdu de son authenticité et de sa valeur à cause de la télévision et d’internet, il y a aussi d’autres lieux de loisirs pouvant donner lieu à une attractivité incontestable aux touristes venant visiter Annaba au cours de la période estivale qui n’existent pas et pas seulement des touristes car les jeunes de cette ville se plaignent aussi de ce manque cruel d’attraction et de loisirs . Pourquoi une ville de cette importance ne dispose t-elle pas de discothèques, de patinoires, de salles de concerts, de fitness, de bowlings, de terrains de golf, de courts de tennis suffisants, de piscines, de salons de thé et de tout espace qui existe dans toute ville qui affiche des ambitions. Pourtant les moyens qu’il faut ne sont pas obligatoirement publics ils peuvent aussi être à caractère privé. Il y a des gens qui ont suffisamment d’argent, à ne savoir quoi en faire qui peuvent investir dans le créneau des loisirs et du ludique. Il suffit seulement qu’on les encourage à le faire et qu’on leur donne les autorisations nécessaires. Cela est l’affaire du wali et du maire. Une ville qui a inscrit le tourisme comme priorité pour en faire, non pas une opération de prestige mais une activité économique qui prospère et qui crée de l’emploi ne doit pas hésiter et doit franchir le pas de la modernité, cassant tous les tabous d’une moralisation qui n’a plus lieu d’être en ce début du troisième millénaire. A titre d’exemple et il est significatif, l’Arabie Saoudite, le royaume le plus fermé au monde vient de s’ouvrir à la modernité, offrant à ses habitants, hommes et femmes, la possibilité de s’amuser chez eux au lieu d’aller ailleurs en occident dépenser leur argent pour se défouler. Certes des options de ce genre sont loin à l’heure actuelle d’être expérimentées. N’est-il pas temps d’y penser? Le pari du tourisme repose sur une transformation des mentalités de ceux qui ambitionnent de faire d’Annaba, en plus d’une ville industrielle et de services un pôle touristique. Il y a bien sûr et toujours tous ces projets anciens que nous avons évoqués, plus haut, qui doivent aussi être réactivés. Il ne manque que l’initiative. Le tout est de savoir si celle-ci aura lieu un jour.
