Tranche de vie La routine, ce quotidien des Algériens

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Que l’on soit jeune ou vieux le quotidien des Algériens est le même à une variante près et celle-ci concerne tous les âges. Pour les jeunes c’est cette répétition inlassable du train -train habituel auquel ils ont à faire face tous les jours, les épuisant et les poussant à chercher le rêve à travers des hallucinogènes dont la nocivité est prouvée.

Tout cela pour rompre avec la monotonie. Pour les moins jeunes qui ne sont pas encore à la retraite mais qui sont encore pleins de vie  et qui veulent profiter de ces années qui les séparent du troisième âge  c’est  aussi la question de cette morosité du quotidien qu’ils se posent à eux  et qu’ils veulent rompre pour  maintenir le bon équilibre  de leur existence. Enfin pour les retraités qui ont trimé plusieurs années de leur vie et qui veulent profiter du temps qui leur reste à vivre  c’est également une affaire de bien être qu’ils ne trouvent pas car pour eux il n’ ya  rien d’autre à faire que rester assis à longueur de journée dans un café ou sur un banc public.  Toutes ces catégories de la population ont un point commun, la routine.  Un quotidien qui se répète inlassablement et qui finit par créer une espèce d’apathie stressante, laquelle est susceptible d’aggraver  des maladies déjà existantes mais qui auraient pû être moins incommodantes si  cette routine inlassable n’est pas évacuée grâce à une activité physique ou intellectuelle.

Une partie des Algériens, celle qui dispose de revenus conséquents, pense à sortir du pays pour rompre avec les habitudes de ce quotidien répétitif à l’infini. S’évader, se défouler, sont ces mots qui sont prononcés par cette frange de la population qui a la chance de pouvoir le faire. Alors que doivent penser  ces millions d’hommes et de femmes, tous âges confondus qui n’ont pas les moyens de s’oxygéner  l’espace d’une semaine ou d’un week end prolongé pour casser le rythme de ces 365 jours qui se ressemblent comme des gouttes d’eau? En réalité une foule de choses  tourbillonne dans leur esprit dans un désordre  indescriptible  que seul un évènement heureux (naissance ou mariage) arrive à tempérer. Ceux de nos compatriotes qui vivent à longueur d’année à l’étranger, lorsqu’ils  reviennent pour un temps défini au pays, pour le plus souvent renouer les liens familiaux et non pour passer des vacances, font cette réflexion unanime «L’Algérie est un pays triste». Souvent d’ailleurs ils franchissent la frontière pour aller se détendre en Tunisie car dans ce pays qui n’a rien à envier au notre en matière d’infrastructures hôtelières et encore moins en ce qui concerne  le paysage paradisiaque de nos vallées situées au creux des montagnes et à la lisière de forets majestueuses ou d’un littoral parsemé de baies longées de plages absolument magnifiques, sauf qu’il manque l’essentiel, les distractions. Or celles-ci sont le sel de la vie et c’est ce qui fait cruellement défaut dans un pays à vocation touristique qu’est l’Algérie. Les Algériens, dans leur écrasante majorité sont pieux et plus pratiquants que les Tunisiens dont la religiosité n’a jamais été un exemple à suivre. Ce n’est  pas la consommation de spiritueux qui représente l’alternative à l’ennui mais une foule de choses qui ne sont nullement interdites par la religion mais qui sont en Algérie considérées comme tabou. C’est  pour cela que l’on ne trouve pas dans ce pays d’endroits où on peut se distraire comme il se doit, du genre patinoires, discothèques, piscines et clubs variés offrant à leurs abonnés les moyens d’oublier tout ce qui rend triste.  Aller se détendre est devenu un handicap car attirant les foudres caudines d’un rigorisme religieux qui s’est solidement ancré dans la société depuis le milieu des années quatre vingt  et qui a fini par imprégner les esprits, les asservissant et les poussant à choisir un mode de vie insipide. C’est ainsi que les jeunes qui ont envie de s’isoler pour vivre leur amourette ont cette hantise de leurs congénères pétris d’intentions malveillantes mais aussi de la force publique, laquelle au nom d’une morale moyenâgeuse et  qui, de surcroit ne repose sur aucun fondement juridique  les pourchasse sans arrêt et de manière impitoyable. Finalement il s’est créé une situation dans laquelle il est devenu pénible d’être à l’aise dans ce pays. A qui incombe la faute ? A une société qui s’enferme sur elle-même emmurée dans des tabous ancestraux ? A l’éducation publique qui puise son enseignement d’une religiosité excessive,  qui voit d’un très mauvais œil toute ouverture d’esprit ? Au machisme ambiant des hommes de ce pays qui a imposé un apartheid intolérable entre les deux sexes en ignorant que cet état de fait les enferme dans un piège dont eux-mêmes désirent en sortir mais sans savoir comment? A l’absence d’initiatives des autorités publiques concernant tout ce qui touche au bien être social  mêlé à la joie de vivre? En fait c’est cet ensemble de facteurs qui donne à ce pays cette ambiance de tristesse  indolente et qui pousse le plus souvent aux extrêmes. Ne s’est–on pas posé la question de savoir pourquoi tant de jeunes de ce pays tentent l’aventure de la «Harga»? Est-ce seulement parce qu’ils n’ont pas trouvé de travail? Certainement pas car quand on leur demande la raison du pourquoi ils veulent aller vivre sous d’autres cieux, leur réponse est invariable «C’est pour mieux vivre». Cela en dit suffisamment long sur leur motivation et cela résume toute la complexité de vivre  autrement et mieux en Algérie peutêtre qu’avec l’Algérie nouvelle les choses changeront avec le temps et notre pays deviendra l’Eldorado algériens.

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