Des politiciens français du courant droitier se sont investis dans la politique politicienne en abordant l’état des relations entre la France et le Maroc. A les entendre ce pays ne doit pas être sacrifié au profit de relations exceptionnelles avec l’Algérie. Ces voix discordantes émanent bien sur de politiciens faisant partie des « Républicains » qui ont toujours maintenu des attaches profondes avec le Makhzen
La visite du président Tebboune prévue ce mois –ci mais qui a été reportée d’un commun accord et qui aura lieu, selon toute probabilité, après la deuxième quinzaine de juin suscite déjà des commentaires qui ne concernent pas la visite en elle-même mais ses implications sur l’état des relations franco marocaines. Pour ces commentateurs qui sont d’ailleurs archi connus pour leur sympathie séculière envers le Makhzen, le Maroc ne doit pas devenir le parent pauvre de l’ensemble maghrébin en laissant l’Algérie accaparer le leadership de l’est de l’Afrique du nord. Rappelant les liens privilégiés qui ont toujours existé et prévalu entre Rabat et Paris ces représentants de diverses droites dominées par les Républicains expriment leurs sentiments. Pour eux le Maroc reste et sera toujours l’enfant chéri de la France. Selon eux tant de liens profonds unissent la France au Maroc et que de tels liens doivent constamment être soutenus. En fait ces politiques français craignent que la visite du président Tebboune qui entretient de bons rapports avec le président Macron ne renverse une tendance ancrée dans les relations franco algériennes, celle de revenir toujours au même point, autrement dit le statu quo. Or c’est ce statu quo que veulent maintenir ces politiciens français dont la plupart d’entre eux sinon tous séjournent régulièrement au Maroc en disposant de tous les privilèges. Penser que ce genre de liens affectifs puisse disparaitre à cause d’un rapprochement entre l’Algérie et la France décidé par les deux chefs d’Etat de ces deux pays les dérange particulièrement car ils n’ignorent pas que le partenariat exceptionnel décidé déjà à Alger par les deux présidents et qui sera réaffirmé sans ambigüité lors de la visite du président algérien en France va susciter la colère de Rabat car le Maroc, après la publication du document final qui sera signé par les présidents Tebboune et Macron à l’issue de cette visite historique finira par admettre qu’il n’occupera pas la première place au Maghreb au cours du mandat Macron et que l’Algérie, pour la première fois dans les relations franco –algériennes occupera la place qui aurait du être la sienne depuis longtemps. En réalité toute cette agitation n’est que fébrilité et n’influera en aucune manière sur les décisions que prendront les deux présidents lorsqu’ils se rencontreront à nouveau à Paris. Tout le monde a compris que les relations entre les deux pays ont pris un nouveau tournant depuis la visite du président français à Alger et les échanges réguliers qu’ont entre eux les deux chefs d’Etat. Cette fois-ci les lobbys marocains n’y pourront rien.
