Le procès dirigé par un arbitrage international qui a opposé un fond d’investissement émirati à l’Etat algérien a tranché en faveur de la famille royale d’Abu Dahbi et condamné l’Algérie à verser 228 millions de dollars de dommages et intérêts pour l’arrêt du projet d’un Parc d’attraction et de loisirs devant être implanté dans la baie d’Alger.
On se souvient que le lancement de ce projet avait fait à l’époque grand bruit. Les médias s’en étaient emparé et ne tarissaient pas d’éloges sur ce futur espace de distraction destiné aux habitants de la capitale et aux touristes de l’intérieur du pays et de l’extérieur. Un fond d’investissement émirati avait pris l’affaire en mains. Une fois les travaux achevés et tous les équipements de loisirs mis en place les coûts étaient estimés à des centaines de millions de dollars dont une partie serait financée par le trésor public algérien mais les choses prirent une tournure compliquée car les prévisions programmées pour un temps relativement court prirent du retard, chaque mois de perdu réévaluait les coûts de réalisation. Pour le fond d’investissement émirati dont les actionnaires sont des membres de la famille princière d’Abu Dhabi c’est la partie algérienne qui est la cause du retard. Les négociations entre les deux partenaires n’avançaient pas et trainaient en longueur car le pays avait perdu sa prospérité d’antan générée par une rente pétrolière et gazière sans précédent. A l’époque on dépensait des milliards de dollars pour la construction de millions de logements et pour le financement de l’autoroute Est–Ouest, sans compter les prêts très généreux et parfois faramineux consentis à des hommes d’affaires algériens, sortis du néant aidés en la circonstance par le président de l’époque et son entourage de plus en plus influent. Ce projet «Dounia Parc» faisait partie de la panoplie de projets infrastructurels qui devaient changer l’image du pays qui, il est vrai, en avait bien besoin. L’intention était bonne et même fort louable car il faut reconnaitre que le pays avait traversé la période la plus monotone de sa jeune histoire d’Etat indépendant. Les infrastructures routières, aéroportuaires et portuaires étaient vieillottes et lorsqu’on traversait le pays au cours des décennies 70 et 80 on se rendait compte que comparativement aux pays voisins on accusait un important retard de modernisation. Après l’élection d’Abdelaziz Bouteflika suite à une période sombre d’une dizaine d‘années, le pouvoir incarné par celui qui a réussi le pari de réconcilier les Algériens entre eux prit alors cette direction qui porte toujours sa signature, celle d’une modernisation du pays dans tous les domaines. Ainsi différents projets infrastructurels ont surgi des sols et sous sols, comme le métro d’Alger ou des sols comme ces deux millions de logements pour une population qui s’agrandissait et qui avait un énorme besoin de se loger , ou cette autoroute qui lie l’extrême est algérien à son extrême ouest , soit une longueur de plus de 1200 kilomètres. En cette période allant de 2000 à 2014 il y avait suffisamment d’argent pour financer tous ces projets et bien d’autres en lice, comme celui de «Dounia Parc». Le temps des vaches maigres s’annonça avec une brusquerie déconcertante et on commença par la nécessité des choses à revoir beaucoup de projets qui exigeaient des investissements assez importants que l’Etat ne pouvait à lui seul assurer et il mit dans le coup les frères Emiratis qui bien sur acceptèrent car ils pensaient que le partenariat allait fonctionner mais cela n’a pas été le cas car une avalanche de difficultés financières a rendu ce projet caduc, provoquant cette fois –ci la colère des Emiratis ,lesquels finalement viennent d’obtenir gain de cause en obtenant le remboursement des frais engagés par eux, soit 228 millions de dollars.
