La santé de Taoufik Bouachrine s’est détériorée selon des sources proches de sa famille. Une famille qui s’inquiète de l’évolution négative de la santé du Fondateur et Directeur du journal du quotidien Akhbar Al-Yaoum Taoufik Bouachrine qui a été condamné en 2018 par le tribunal de Casablanca à 12 années de prison ferme portées à 15 ans en appel par le parquet pour des accusations faites de toutes pièces à savoir: « traite d’êtres humains », « abus de pouvoir à des fins sexuelles, « viol et tentative de viol », sans aucune preuve.
Des accusations montées de toutes pièces par la police sur instruction du Makhzen à la suite d’un article dans lequel le patron du journal avait porté des critiques en direction du roi Mohamed 6 et de Mohamed Bensalmen prince hériter saoudien que le journaliste a toujours niées. Des propos qui ont déchainé la colère du roi et de son entourage qui ont donné naissance à de graves persécutions de l’auteur, xde sa famille et de nombreux journalistes du quotidien en question. On se rappelle à l’époque l’onde de choc qu’a provoqué l’article au royaume et surtout à l’étranger. Le régime monarchique n’a pas su gérer la situation et paniqué, a aussitôt décidé de l’arrestation des journalistes et fabriqué des témoins maison dont certains n’ont pas accepté le scènario du Makhzen malgré les menaces et les tentatives de chantage basées sur l’espionnage par le biais du projet Pegasus à l’image de Afaf Bernani, cette ancienne journaliste du quotidien en question qui, a osé dénoncer en public un policier pour avoir falsifié son témoignage. Ne voulant pas témoigner faussement contre son directeur elle a été condamné à 6 mois de prison ferme. De témoin à décharge Afaf Bernani devient témoin à charge malgré elle, par le bon vouloir de la police. Refusant cette position elle devient accusée et condamnée. Au Maroc on n’a pas le droit de s’attaquer à un flic véreux surtout au tribunal, même si on est victime de quoi que ce soit. Afaf Bernani était placée dans la listes des témoins à charge de Taoufik Bouachrine. Cette dernière n’a pas accepté le rôle qu’on lui a attribué et avait nié avoir été persécutée par l’accusé, encore moins violée. Chose que le tribunal de Casablanca n’a pas daigné prendre en considération et a condamné Afaf Bernani à 6 mois de prison ferme qui s’est exilée à sa libération, Bouachrine Taoufik, Omar Radi, Souleiman Raissouni à 15 années de prison ferme. En appel, la cour de cassation a confirmé la peine de 15 ans de prison ferme pour les mêmes chefs d’accusation. Une condamnation, qui, selon les avocats du moment ne reposait sur rien. Persécuté en prison, aujourd’hui, la santé de Taoufik Bouachrine encourt un véritable danger et inquiète fortement sa famille. Les multiples appels au roi pour sa libération n’ont rien donné. Les tentatives des avocats pour la révision du procès pour les trois journalistes ont été refusées par la cour de cassation. Avec Bouachrine des dizaines de journalistes croupissent en prison pour des délits d’opinion maquillés sous d’autres accusations de droit commun. Des défenseur(es) des droits humains marocains sont également emprisonné(es) uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression. La santé de Bouachrine appelle à une pression internationale et une mobilisation pour sa libération et celles de ses journalistes. Il est opportun de rappeler que, l’emprisonnement de Bouachrine et de Raissouni, ajouté au harcèlement et à l’intimidation policière incessants des reporters d’Akhbar Al-Youm, et à l’intimidation de leurs familles, a progressivement conduit à la fermeture de ce que de nombreux journalistes et défenseurs des droits humains au Maroc considèrent comme le dernier journal indépendant du pays. Selon le site BBC News, «Des avocats marocains et des organisations africaines, arabes et internationales de défense des droits humains considèrent le procès inéquitable de Bouachrine et ceux de dizaines de journalistes indépendants et de militants des droits humains et d’activistes politiques, comme un feuilleton de violations flagrantes et déshonorantes de la Constitution du Royaume du Maroc et de son engagement à respecter le Pacte international relatif aux Droits civils et politiques. Selon toujours la même source, de nombreuses fausses allégations d’agressions sexuelles et de relations extraconjugales ont été utilisées de manière abusive et systématique, au cours des dernières années, par les autorités marocaines comme un outil pour faire taire et emprisonner des journalistes critiques et ternir leur réputation. Cette manière d’arrêter les journalistes marocains a été critiquée par le Parlement européen dans une résolution adoptée le 19 janvier 2023, qui indique que «la liberté de la presse ne cesse de se détériorer» au Maroc, qui occupe la 135e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2022.
