L’Arabie saoudite a repris le flambeau; La 32 ème session du conseil de la ligue arabe qui vient de s’achever a été un évènement majeur car il confirme les engagements pris au cours du sommet arabe d’Alger qui s’est tenu en novembre 2022. Les occidentaux espéraient une remise en cause, ils en sont retournés après ce retour en force de la Syrie sur la scène arabe.
La pilule syrienne n’est pas passée. Elle est restée au travers de la gorge des Etats Unis, de l’Allemagne, de la France mais aussi, mais pour d’autres raisons de la Turquie et d’Israël . Voir Bachar El Assad , l’ennemi d’hier accueilli avec honneur par le chef d’Etat le plus en vue du monde arabe, à savoir le pince Mohamed Ben Selman représente pour ceux qu’on désignait sous le terme de forces de la coalition qui combattaient l’EI à Raqqa , tout en donnant un coup de main aux opposants du régime syrien un sérieux camouflet. D’autant que Damas, plus isolé que jamais n’avait d’autre soutien que la Russie de Poutine dont les forces en présence sur le sol syrien ont permis de renverser une situation très périlleuse pour le pouvoir détenu par le président syrien. Sans la Russie le régime syrien se serait effondré depuis longtemps et aurait fait de ce grand pays, berceau de la civilisation arabo islamique un pays morcelé, otage de groupes rivaux le plus souvent manipulés par des puissances étrangères, un peu à l’image de ce qu’est aujourd’hui la Libye. Cette Russie qui n’est pas condamnée par le monde arabe comme le veulent ardemment les occidentaux qui appuient sans retenue et même dans certains cas sans vergogne l’Ukraine maintiennent toujours les meilleurs rapports avec les pays arabes surtout ceux qui font partie de l’OPEP dont elle est associée. Les occidentaux et à leur tête les Etats–Unis se rendent compte à présent que l’Arabie saoudite n’est plus ce pion de jadis qu’on pouvait manipuler avec aisance dans l’échiquier arabe. Ayant toujours maintenu un leadership incontesté auprès des principautés du golfe mais aussi de l’Egypte et de la Jordanie ses prises de position ont toujours eu du poids, un poids constant en faveur des Etats –Unis. Ce n’est plus le cas après le départ de la Maison Blanche de Donald Trump et son remplacement par Joe Biden qui avait traité avec une grande incivilité le prince régent Mohamed Benselman lequel ne lui pardonnera pas même si on essaie, des deux cotés ,de sauver les apparences. Cependant ce ne sont pas les sentiments personnalisés qui animent ces deux chefs d’Etats qui ont fait changer l’attitude de l’Arabie saoudite. Ce pays est aujourd’hui dirigé par une relève générationnelle qui n’a plus la vision de l’ancienne, puissamment conservatrice et refermée sur elle-même. Le prince régent, successeur désigné du trône a 40 ans. C’est un fait inédit dans la monarchie saoudienne dont les rois lorsqu’ils accédaient au trône dépassaient tous les soixante dix ans. De plus ce jeune dirigeant est ouvert au monde et est entouré de conseillers aussi jeunes que lui et ceux–ci voient le monde autrement. Ils ne le perçoivent pas comme le percevaient leurs ainés. Ils ont compris que l’ordre des puissants n’est pus le même et qu’il a évolué en mettant en scène des pays émergents qui ont leur mot à dire et l’Arabie saoudite fait partie de ces puissances émergentes. Au sein du monde arabe elle veut jouer un rôle majeur qui mettra fin à l’inertie et elle compte sur l’appui de pays novateurs et qui montent et l’Algérie est le meilleur des atouts.
