Accord migratoire de 1968:
La question revient sur le tapis

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Le Havre's mayor and French former Prime minister Edouard Philippe takes part in a debate on the "Greater Paris summit3 on September 29, 2020 in Paris. (Photo by BERTRAND GUAY / AFP)

Après Xavier Driencourt, l’ex ambassadeur de France en Algérie, c’est au tour d’Edouard Philippe, l’ex premier ministre de dire qu’il faut revenir sur l’accord migratoire de 1968, qui, selon lui, privilégie et avantage les Algériens par rapport aux autres catégories d’émigrés. Il voudrait  supprimer ce qu’il appelle privilèges indus.

Tout comme Xavier Driencourt l’ex premier ministre du premier gouvernement Macron issu de l’élection de 2017, a accordé un entretien à un hebdomadaire, il s’agit de «l’Express»  dans lequel il livre ses impressions et celle de son parti qui fait partie de la majorité présidentielle et ses impressions ne laissent aucun doute quant à sa volonté de se démarquer du groupe «Renaissance» fidèle à Emmanuel Macron . Il se démarque aussi d’un autre allié de poids de cette majorité présidentielle, le MODEM  dirigé par François Bayrou. Edouard Philippe, on s’en souvient est un transfuge des «Républicains». Ce parti avait très mal pris ce retournement de veste et l’a exclu immédiatement de ses rangs. Il semble toutefois qu’Edouard Philippe tente de se rapprocher de son ancienne famille politique surtout quand des questions aussi sensibles que l’émigration sont abordées et il se trouve qu’on y est plein dedans. On sait que le parti des «Républicains «n’est plus le même depuis que Nicolas Sarkozy son initiateur et fondateur de sa nouvelle appellation ait totalement effacé ce qui restait du fameux RPR dirigé par le très populaire Jacques Chirac. Toute référence au gaullisme a disparu et a laissé la place à une congratulation sordide avec le courant droitier proche des thèses du Rassemblement national de Marine Le Pen. Après la débâcle de François Fillon et les enquêtes judiciaires dirigées par le parquet parisien contre l’ex président de la république Nicolas Sarkozy, le parti «Les Républicains»   a perdu son identité propre, celle qui l’avait longtemps maintenu leader de toutes les droite à l’exception bien sur du Front national, devenu Rassemblement national.  Obligé de faire mauvaise fortune bon cœur ce parti laminé encore une fois lors de la dernière élection présidentielle où il subit une débâcle historique, se «régénéra» en deux courants. Le premier est «macaroniste» et le second est «Ciotiste », en référence à celui qui dirige ce parti, en l’occurrence Eric Cioti, un opportuniste qui surfe sur tout ce qui lui apparait opportun, tantôt ll est à100%  proche des thèses défendues par l’extrême droite à travers ses tendances diverses y compris celle d’Eric Zemmour et tantôt il signe un deal avec les modérés pour ne pas perdre la face. En fait Cioti est un équilibriste  Il semble donc et c’est effectivement très étrange qu’Edouard Philippe, cet ancien  collaborateur d’Alain Juppé que personne ne peut soupçonner d’une quelconque alliance avec le courant droitier de la droite républicaine  ait choisi une piste politique particulière qui est en contradiction avec celle d’une grande partie de cette majorité présidentielle dont son courant  et sa personne font partie. A l’approche de la visite du président algérien prévue de longue date et qui aura lieu cette intervention de cet ex premier ministre à propos d’une éventuelle révision de l’accord conclu en 1968  est incontestablement un cheveu sur la soupe. Il est quasiment certain que l’Algérie tient particulièrement à cet accord car lui aussi fait partie de la question mémorielle. Effectivement.  La relation historique entre la France et l’Algérie est totalement différente de celles qui prévalaient  avec ses anciennes colonies ou protectorats. Ce sont des textes constitutionnels et institutionnels de la troisième république qui le stipulaient pendant  toute la durée de la présence française en Algérie  jusqu’ au référendum d’autodétermination du 2 juillet 1962. Pendant 132 ans  l’Algérie faisait intégralement et territorialement partie de la France.  L’accord de 1968 est en quelque sorte  un prolongement de l’accord d’Evian même s’il n’est pas inscrit comme tel. N’oublions pas que durant la période qui suivit l’indépendance, l’Algérie avait signé des accords de coopération techniques et culturels d’une ampleur inimaginable et l’accord migratoire conclu et signé entre les deux pays fait partie intégrante de cette coopération franco-algérienne qui dura jusqu’à ce  que l’Etat algérien ait pu réussir avec brio et efficacité l’algérianité de  tous les cadres de son administration et de toutes les instances qui font vivre un pays. Entre temps, l’émigration algérienne a permis à l’économie française de se relever de manière spectaculaire pour devenir en un temps record la cinquième puissance économique mondiale. C’est donc une histoire et une mémoire indélébile entre les deux pays qui ne peut être ignorée et encore moins effacée et cela le président Tebboune lorsqu’il se rendra en France se chargera de le rappeler de manière solennelle. Non il ne faut surtout pas toucher à l’accord de 1968.

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