Le mauvais calcul du Makhzen Israël ne reconnait toujours pas la marocanité du Sahara occidental

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C’est en quelque sorte un prêté pour un non rendu. Donald Trump en proposant à la monarchie marocaine la reconnaissance par les Etats–Unis de la souveraineté marocaine du territoire sahraoui à condition que le Maroc adhère à la solution des accords dits d’Abraham qui reconnaissent  Israël en établissant des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu  ressemble à s’y méprendre à un jeu de dupes.

Pour la Maison Blanche dont le locataire n’était autre que Donald Trump cette conditionnalité imposée à Rabat ne profitera qu’à Israël car pour les Etats–Unis la question du Sahara occidental devenait un casse tête diplomatique dont ils n’arrivaient pas à s’en défaire alors pour Donald Trump autant se servir de cette question pour conforter l’ami et l’allié traditionnel israélien qui sera ainsi reconnu par l’Egypte, La Jordanie, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et pour la première fois un pays du Maghreb, le Maroc.  Rabat dont l’annexion du Sahara occidental a toujours été condamnée par toutes les organisations internationales et à sa tête l’ONU accueillit alors avec joie la proposition américaine et entama immédiatement des pourparlers pour faciliter la procédure de reconnaissance par le royaume du Maroc de l’Etat hébreu. Une fois cette reconnaissance acquise la Donald Trump, dans un tweet d’une grande brièveté avisa que les Etats –Unis reconnaissent la marocanité du territoire du Sahara occidental. Du point de vue purement  linguistique  la nuance entre marocanité et souveraineté existe et ne signifie pas la même chose. En droit international la question est soumise à des experts, ce qui n’a jamais été le cas. Cependant ce que les marocains ne savaient pas ou croyaient savoir à tort, au demeurant,   c’est  qu’Israel allait devoir  appliquer, à son tour,  la réciprocité de reconnaissance, autrement dit informer le Maroc et le monde qu’Israël reconnait la souveraineté de Rabat sur le Sahara occidental. Cela n‘a pas été fait  et cela ne l’est toujours pas.  Bien que le Makhzen multiplie les gestes de bienveillance envers le gouvernement israélien pourtant bien positionné à droite et qu’il ait signé avec l’Etat hébreu de nombreux accords incluant même la livraison d’équipements militaires, le gouvernement israélien hésite encore à franchir le Rubicon. En fait la politique étrangère israélienne tranche nettement de celle appliquée à l’intérieur d’Israël. Cette politique  est classée parmi les plus prudentes au monde depuis qu’Israël avait été mis au banc des nations à cause de sa proximité avérée avec le régime sud africain appliquant l’apartheid. La leçon de son isolement ayant été assimilée la politique israélienne entama depuis  un virage à 180° qui imposa à sa diplomatie de ne pas s’immiscer d’une manière ou d’une autre dans les affaires de pays tiers. C’est en quelque sorte une position de non alignement savamment calculée. C’est ainsi que le gouvernement  israélien ne s’est jamais prononcé sur la guerre opposant la Serbie à l’occident , tout comme il n’a jamais condamné ce que l’occident et l’Otan qualifie d’agression russe contre l’Ukraine. Jusqu’à ce jour Moscou et les officiels israéliens maintiennent des rapports normaux au grand dam de l’Ukraine et des européens de l’ouest. Cette diplomatie de l’extrême prudence est appliquée en ce qui concerne le Maroc. En clair tant que la question du Sahara occidental n’a pas été tranchée  à l’international Israël ne reconnaitra jamais la marocanité du Sahara occidental. Finalement l’établissement des relations diplomatiques et autres avec l’Etat hébreu n’a servi  à rien sauf à engendrer  l’opprobre de tous les peuples arabes y compris celle d’une grande partie du peuple marocain.

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