On peut affirmer que la visite d’Etat entreprise par le président Tebboune en Chine a été plus que fructueuse. Des accords importants dans tous les domaines ont été élaborés et consignés dans un mémorandum dont la teneur sera concrétisée dans le détail par des accords signés entre des entreprises chinoises et algériennes. Cette visite du président algérien en Chine marque réellement un tournant que nous pouvons qualifier d’historique.
Avant son retour au pays le président de la république s’est arrêté à Istanbul. Une visite surprise qui n’était pas initialement annoncée mais qui donne un aperçu sur l’excellence des rapports bilatéraux existants entre la Turquie et l’Algérie. Le fait même que le président algérien ait été reçu par son homologue turc dans le palais de Dolmabaché, résidence des chefs d’Etat turcs en passage dans cette ville depuis l’investiture de Mustapha Kamel Atatürk représente tout un symbole. En effet rares ont été les chefs d’Etat de passage à Istanbul à recevoir un tel insigne d’honneur. C’est dire qu’entre la Turquie et l’Algérie il y a non seulement de liens historiques mais également économiques. Les entreprises turques opérant dans divers secteurs d’activités sont omniprésentes en Algérie. On peut même dire qu’il y a aujourd’hui une communauté d’hommes d’affaire turcs qui se sont installés en Algérie. Certains même ont contracté mariage avec des femmes algériennes. C’est un petit clin d’œil au passé ottoman de cette Algérie du nord de l’Afrique où des unions mixtes eurent lieu, donnant ainsi naissance à ce qu’on appelle les kouroughli, issus de mirages d’ottomans avec des femmes autochtones. Un tel passé est en train de se reconstituer certes différemment puisque la Turquie est depuis le premier quart du 20 ème siècle une république, tout autant que l’Algérie devenue indépendante depuis plus de soixante ans. C’est incontestablement l’arrivée au pouvoir de Recep Tayp Erdogan qui remit en lumière ce passé glorieux qui lia durant des siècles l’Algérie à la sublime porte de Constantinople. En effet depuis l’investiture de ce président, reconduit récemment pour un troisième mandat présidentiel les rapports entre Alger et Ankara il y a eu une intensification sans relâche qui a conduit à un rapprochement des points de vue politique et une vision partagée de la coopération économique. Cette halte, sans doute prévue mais non annoncée à l’avance du président algérien à Istanbul intervient dans une démarche voulue par Tebboune qui veut à tout prix rehausser la marque Algérie à travers le monde.
