Elections législatives espagnoles :Que représentent –elles pour l’Algérie ?

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Les hautes autorités politiques algériennes ont observé avec beaucoup d’attention les élections législatives anticipées espagnoles  espérant bien sûr un renversement de la situation politique qui pourrait renormaliser les relations entre les deux pays. Il se trouve cependant que le coude à coude entre les formations de droite et le parti au pouvoir dirigé par Sanchez complique la donne.

La droite (PPE) et l’ultra droite (conservateurs franquistes) n’a pas réussi son pari. Certes elle dispose de presque la moitié des sièges dans cette chambre basse du parlement espagnol mais n’a pas la majorité absolue pour gouverner même en concluant un accord de coalition. Il se trouve que le PSOE  dirigé par le chef de gouvernement sortant, Pedro Sanchez ne dispose pas lui aussi de cette majorité nécessaire pour gouverner comme il l’avait fait ces dernières années. Pour y parvenir il lui faut se coaliser avec l’extrême gauche laquelle n’est pas du tout d’accord avec certains aspects de la politique de Sanchez surtout étrangère. L’extrême gauche espagnole est restée fidèle aux principes républicains de 1936,  Elle n’a jamais cautionné l’annexion par le Maroc du Sahara occidental et a toujours milité pour l’autodétermination du peuple sahraoui. Une position en porte à faux qui va pousser le PSOE à trouver un compromis s’il veut encore gouverner pour cinq autres années l’Espagne. L’extrême gauche ne lui délivrera pas un chèque en blanc concernant d’abord la situation sociale des espagnols et la politique étrangère trop proche des thèses américaines et britanniques, constamment critiquées par l’ultra gauche. Sanchez arrivera t-il à se maintenir au pouvoir cinq ans supplémentaires ? Il le pourra s’il met de l’eau dans son vin. La question de la reconnaissance d’une pseudo marocanité espagnole du territoire sahraoui sera au centre des discussions concernant un accord de coalition avec ses frères ennemis les communistes et les anarchistes.  L’extrême gauche espagnole a inscrit dans son ADN dès sa prise de pouvoir en 1936 la lutte contre toute forme de rétablissement de la monarchie. Jusqu’à présent elle ne reconnait pas le Roi  et milite toujours pour le retour d’un régime républicain en Espagne. Alors en ce qui concerne l’établissement de relations privilégiées avec une autre monarchie, celle du Maroc c’est un niet catégorique. Sur ce point de vue l’extrême droite et l’extrême gauche se rejoignent mais pas pour les mêmes raisons. L’ultra droite est pour le maintien de la monarchie et milite même pour un renforcement de son pouvoir. Ce qui unifie les points de vue de ces deux formations politiques extrêmes c’est la condamnation du Maroc de l’annexion du Sahara occidental par le Maroc alors  que  l’Espagne franquiste en évacuant ce territoire après 300 ans d’occupation avait promis aux populations autochtones de les aider à devenir un Etat indépendant aux frontières du Maroc de la Mauritanie et de l’Algérie. Une promesse qui n’a pas été tenue mais qui  reste toujours théorique. Sanchez va-t-il abandonner pour autant  son copain Mohamed VI. Il le fera probablement à condition que l’extrême gauche avec laquelle il sera obligé de conclure un accord de gouvernement ne revienne pas sur ses positions de principe. Tout se jouera donc sur les détails de cet accord de coalition PSOE – Extrême gauche.

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