Le récent coup d’Etat au Niger Tebboune tranche en faveur de la légalité constitutionnelle

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Lors d’un entretien téléphonique avec le président béninois, Patrice Talon, le président Tebboune  a clarifié la position de l’Algérie, celle de la légalité constitutionnelle et du retour du président Bazoum à la tête de l’Etat nigérien.

Voila qui met fin à toute sorte de spéculation concernant la position de l’Algérie. Pour le président de la république la constitution du Niger reste le cadre légal de la gouvernance de ce pays et le président Mohamed Bazoum, élu démocratiquement par le peuple du Niger doit  être rétabli dans ses fonctions de chef d’Etat de ce pays.  Ainsi à la position du Président Tebboune s’est aligné le point de vue de la CEDEAO qui exige elle aussi  le retour sans condition de la légalité constitutionnelle et le retour du président Bazoum. Depuis quelque temps la tendance au renversement des pouvoirs en Afrique subsaharienne se généralise. Après la Centrafrique, le Mali, le Burkina  Faso c’est à présent le tour du Niger; Certains observateurs de la scène africaine pensent que prochainement ce sera le tour du Tchad.  Tous ces pays, hormis le dernier pays cité ont une frontière commune avec l’Algérie et ont toujours entretenu des liens fraternels avec notre pays. Les changements de régime par la force ou de manière légale n’ont jamais contrevenu à ces liens de fraternité qui existent entre les peuples de ces pays et  le peuple algérien. Les dirigeants des pays du Sahel ont un grand respect pour les dirigeants algériens et ce respect dérange quelque peu ces derniers car s’i l’Algérie condamne sans réserve toute forme de pronunciamiento (Coup d’Etat selon l’expression gaullienne), elle comprend néanmoins les motivations qui ont mené à un renversement du pouvoir sans passer par les urnes. On ne peut jeter la pierre à quelqu’un si on a fait dans le passé quelque chose qu’il vient de faire au présent. L’Algérie a aujourd’hui une position délicate dans cette région subsaharienne. Elle ne peut cautionner les coups d’Etat.  L’Algérie entend toujours jouer le rôle de médiateur dans ce genre de situation en essayant par tous les moyens diplomatiques dont elle dispose de ramener ces auteurs de coups d’Etat à la raison en les amenant à rétablir l’ordre constitutionnel même si celui-ci  sera peut-être quelque peu modifié. Pour la diplomatie algérienne condamner un coup d’Etat ne signifie nullement isoler ceux qui en sont les auteurs en les amenant à durcir leur manière de gouverner leurs pays et prendre ainsi, parce qu’ils n’ont pas le choix, en otage les populations de ces pays qui devront subir les sanctions internationales qui les appauvriraient encore plus et les jetteraient sur les routes d’un exode qui ne finit pas.  Pour l’Algérie seul une politique de compromis rendrait possible un retour à la normale. Pour rappel l’Algérie ne fait pas partie de la CEDEAO, une organisation interafricaine représentant les pays du Sahel et ceux de l’Afrique de l’ouest comme le Sénégal et la Cote d’Ivoire. Au sein de cette CEDEAO  l’influence française est perceptible. Il se trouve que les récents coups d’Etat au Mali en république centrafricaine et au Burkina Faso ont démontré une hostilité manifeste envers la France et cette hostilité se répand comme une trainée de poudre. En fait tous les peuples subsahariens ne supportent plus la présence française chez eux. Ils considèrent les français comme les continuateurs d’un maintien du colonialisme. L’exemple du Niger le prouve éloquemment. Ce pays est sous influence politique de la puissante entreprise AREVA qui extraie pour une bouchée de pain l’uranium en ne donnant que des miettes à l’Etat nigérien supposé être associé de cette entreprise prédatrice. Le nouveau pouvoir qui vient de prendre les rennes du pouvoir au Niger veut clairement se débarrasser de la France et récupérer ses richesses nationales. Pour la France une telle option est désastreuse. La cellule de crise  installée récemment par Emmanuel Macron se préoccupe non pas comme cela est annoncé officiellement par l’Elysée d’un éventuel départ des troupes françaises de l’opération Barkane déployées après leur évacuation du Mali au Niger mais surtout d’une éventuelle nationalisation de la puissante AREVA. Pour la France  une telle perte annoncera inéluctablement le déclin constant  de la sa capacité de puissance nucléaire tant civile que militaire.  Ce qu’avait décidé le président Boumediene le 24 février 1971 en nationalisant le pétrole et le gaz risque d’arriver à la France si les nouveaux dirigeants du Niger décident, à leur tour, comme ils en ont d’ailleurs tout à fait le droit de nationaliser leur uranium.

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