Lors de l’entretien mensuel accordé aux médias nationaux le président de la république a annoncé la révision de la loi sur les partis politiques, nécessaire selon lui. En tous cas cette nouvelle mouture devra clarifier les grands principes sur lesquels se base l’Algérie et modifier le fonctionnement des partis dont le décalage est évident.
C’est la première fois que le chef de l’Etat aborde le sujet. Il était temps car tout le monde a remarqué une absence regrettable du débat politique nécessaire pour la vie démocratique. Depuis deux années on a observé un silence assourdissant de la part des partis politiques. Cela donne l’impression qu’ils n’existent qu’en période électorale car le reste du temps c’est l’hibernation. C’est cette hibernation que le président veut y mettre fin. En révisant la loi actuelle régissant les partis politiques le chef de l’Etat pense à l’avenir de la nation. Un avenir démocratique fondé sur les valeurs citoyennes et patriotiques car pour le chef de l’Etat l’une ne va pas sans l’autre. Pour le président Tebboune les partis politiques ne peuvent dissocier l’amour de la patrie et l’Etat de droit. Les deux étant étroitement liés. Le socle de la nouvelle loi sera la déclaration du premier novembre 1954 dont la finalité clairement désignée à l’époque où cette déclaration a été écrite par les pères fondateurs de la Révolution était la construction d’un Etat démocratique et social. Pour le reste, selon le président, les partis se doivent de définir de façon précise leurs programmes politiques et ceux –ci ne doivent en aucun cas semer la discorde entre les enfants d’une même patrie. Ce que veut dire le président même s’il ne l’exprime pas directement c’est que les programmes de ces partis ne doivent aucunement se baser sur l’identité et la religion. De telles visions sont idéologiques et ont suffisamment prouvé par le passé leurs capacités de nuisance en divisant le peuple et en poussant les enfants d’un même pays à se battre entre eux. Cette époque est révolue. Pour le président de la république un parti politique qui se respecte doit être en permanence sur le terrain. Ses militants doivent être présents à longueur d’année. Il y a tellement de sujets du quotidien qui intéressent les citoyens. Il faut les investir. Pour le chef de l’Etat «Le Hirak béni nous a donné le feu vert pour appliquer ce qu’il exigeait à l’époque dans la rue». Pour le chef de l’Etat il faut rompre avec les méthodes anciennes qui ont toujours privilégié le clientélisme au détriment de la compétence et du militantisme sincère et dévoué. Le président ne serait pas contre l’existence d’un front partisan patriotique mais serait contre l’idée d’une majorité dite présidentielle. Les deux concepts sont différents. En tous cas le président Tebboune a toujours dit qu’il ne faisait partie d’aucun parti politique et qu’il était le président qui rassemblait tous les Algériens dans leur diversité et pluralité d’opinions. En confiant à des experts en association avec les partis politiques la réflexion profonde sur le fonctionnement des partis , le président veut donner à cette Algérie nouvelle à laquelle il pense constamment tous les outils matériels et immatériels dont elle a besoin.
