On sait qu’il existe un lobby marocain puissant défendant les thèses du Makhzen. Son rayon d’action s’exerçait surtout au niveau du parlement mais s’arrêtait au perron de l’Elysée, diplomatie oblige. Néanmoins il y a toujours une infiltration dont la mission est de bloquer tout renforcement des liens entre la France et l’Algérie du moins pas au-delà d’une certaine limite.
Est–ce que ce scénario qui a existé fortement au temps de Sarkozy est –il en train de prendre forme au cours de ce second mandat présidentiel d’Emmanuel Macron? Rien de suspect en apparence mais on sent quand même une certaine pause dans les relations entre les deux pays ce qui semble étrange si on considère la prochaine visite du président Tebboune. El Mouradia attend le signal de l’Elysée pour fixer enfin la date et le programme détaillé de cette visite considérée comme décisive pour les deux pays. Normalement la visite du président algérien aurait du avoir lieu mais il est vrai qu’une série d’évènements sociaux l’ont remise en cause car il n’était pas possible de discuter dans l’apaisement et la sérénité des dossiers aussi importants que la question mémorielle, du sort de l’émigration algérienne, du partenariat stratégique dans le domaine économique, de ce qui arrive au Sahel et d’autres sujets sensibles dans lesquels figure la question du Sahara occidental. C’est bientôt l’automne et pour les deux pays c’est aussi la rentrée politique et sociale et une visite du chef de l’Etat algérien n’aurait pas un impact aussi grand que si elle avait eu lieu au mois de mai ou juin. Il y a donc une fourchette de temps qui sépare l’automne de la fin de l’été et celle –ci ne saurait dépasser le 31 aout mais serait–ce le cas? De toute façon cette visite aura lieu dans un moment où la majorité présidentielle française est divisée sur un problème important, celui de la nouvelle loi sur l’immigration. Le courant droitier de cette majorité présidentielle dirigé par l’ancien premier ministre Edouard Philippe est en train de faire du tapage pour abroger ce qu’il considère comme privilégié l’accord du statut de l’émigré algérien signé en 1968. Or un tel accord selon la position algérienne qui n’a pas varié depuis la signature de cet accord ne peut être remis en question. Est–ce que ce courant droitier de la majorité présidentielle française a-t-il une influence suffisante pour faire pencher la balance? Tout dépendra de Macron car c’est lui le maitre des horloges Cette question sera-t-elle abordée? Ce n’est pourtant pas l’essentiel de l’essentiel car quelle sera la position de l’Elysée sur le Sahara occidental sachant que Catherine Colonna, la ministre des affaires étrangères est plutôt proche de Rabat. Cependant Emmanuel Macron connait mieux Abdelmadjid Tebboune que Mohamed VI qu’il ne connait que partiellement et il a toujours été plus proche de l’Algérie que du Maroc. C’est ce lien qui lie Macron à l’Algérie que le lobby marocain veut saborder grâce aux «amis» qu’il a au sein du gouvernement d’Elisabeth Borne et de l’appui du courant droitier de la majorité présidentielle. En fin observateur de la géopolitique actuelle Emmanuel Macron sait que se mettre à dos l’Algérie en cette période où la France est vilipendée dans tout le Sahel et où sa présence dans l’ouest africain est remise en cause serait se faire «Hara kiri» et ce ne sera pas le petit Maroc qui redorera le blason de cette France en Afrique.
