La wilaya de Mila a été présente à toutes les étapes du Mouvement national et de la glorieuse guerre de libération. Deux de ses enfants ont été parmi le groupe historique des 22, qui a planifié le déclenchement de la Révolution de novembre 1954. Il s’agit d’Abdellah Bentobal (dit Sy-Slimane) et d’AbdelhafidBoussouf (dit Sy-Mabrouk).
Aussi, l’appel de Zighoud Youcef concernant l’organisation d’attaques militaires contre l’ennemi dans le Nord-constantinois, pour desserrer l’étau sur la région des Aurès, alors encerclée, n’est pas passé inaperçu. Des attaquesqui ont réussi, non seulement à alléger la pression sur le berceau de la Guerre de libération, mais à relancer de plus belle les opérations militaires contre l’ennemi et à remonter le moral à la population civile. Ainsi, les moudjahidine de la région de Mila, relevant de l’historique Wilaya II, ont pris leurs dispositions pour faire écho, le jour J, à l’appel de la Révolution. Ils ont planifié et mené des attaques contre des structures de l’armée d’occupation et son armée en quatre endroits principalement. Selon le Secrétaire de Wilaya de l’Organisation des Moudjahidine, M. Hadef Hocine, qui nous a reçu, ce jeudi 17 août, dans son bureau, les quatre régions qui ont connu des opérations militaires contre l’Occupant sont Hammam Beni Haroun, le village de Grarem Gouga, la ville de Mila et le pont de l’Oued Ouarzeg. Mais l’opération la plus retentissante est celle menée par une soixantaine de moudjahine dans la région de Hammam Beni Haroun. Selon notre source, les combattants de l’ALN ont tendu une embuscade sur l’actuelle RN 27, reliant la ville d’El Milia à Grarem Gouga, au niveau de l’actuelle agglomération de Hammam Beni Haroun. Les artisans de l’opération étaient conduits par Slimane Bentobal, enfant de la région et non moins membre du Groupe des 22 historiques. Notre source précise que 20 moudjahid étaient munis d’armes de guerre et les quarante autres avaient juste des armes blanches. Au matin du 20 août 1955, un convoi militaire ennemi est intercepté dans l’embuscade. Il est formé de huit engins de transport de troupe, avec environ quarante soldats à bord. Le convoi se dirigeait de la ville d’El Milia vers le village de Grarem Gouga. Il est devancé par un camion civil transportant des boissons et qui servait d’éclaireur à la force militaire. Selon le moudjahid Hadef Hocine, Les moudjahidine ont commencé par intercepter le camion civil sur la route et ils ont tué son conducteur. Quand les véhicules militaires transportant des soldats sont entrés dans l’espace de l’embuscade, les hommes de l’ALN sont passés à l’action, en ouvrant le feu de tout bois, sur l’ennemi. L’accrochage a duré une bonne demi-heure. Neuf soldats français ont été neutralisés durant les échanges de tirs. S’en est suivi l’intervention d’avions militaires dans le champ de bataille ; mais les moudjahidine s’étaient déjà retirés de l’endroit à ce moment-là, précise notre informateur. Un moudjahid a été tué dans l’opération. Il s’agit de Sy-Abdellah dit Tounsi. Après cette débacle, l’armée d’occupation s’est rabattue sur les populations locales. « En représailles à sa déroute à Hammam Beni Haroun, l’armée française s’est retournés contre la population civile. Elle a tué deux hommes à Grarem Gouga et mis en prison beaucoup d’autres. Comme elle a brûlé de nombreuses habitations dans la même région. » Les documents en notre possession soulignent que cette opération a été planifiée trois jours plus tôt, soit le 17 août 1955. «Slimane Bentobal a tenu une réunion secrète à Douar BeniSbih, dans l’actuelle commune de Satara, dans la wilaya de Jijel. Et c’est lors de cette réunion que l’opération de Hammam Beni Haroun avait été planifiée
