BRICS : Ils sont onze, sans l’Algérie

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Ce n’était pas une surprise, l’Algérie s’y attendait. Le président de la république savait que l’adhésion de l’Algérie au cours de ce sommet de Johannesburg ne se fera pas.  C’est pour cette raison qu’il n’a pas fait le déplacement et délégué à sa place le ministre des finances. Il y a quand même quelque singularité qui n’échappe à personne.

Ainsi des pays comme l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, pays qui ont toujours été les vassaux déclarés de l’oncle Sam et qui quoi qu’on puisse dire n’ont jamais été des amis séculiers ni de la Chine ni de la Russie ont brulé les étapes de l’admission à ces BRICS. Est –ce que les ressources financières qu’ils possèdent  ont joué dans la décision des membres fondateurs de cette organisation ? C’est une hypothèse qui peut être prise en compte mais ce n’est guère suffisant aux yeux d’observateurs avisés. Pour ces derniers la Chine et la Russie ont joué stratégie en brisant  ainsi  les liens  considérés comme immuables  de ces traditionnels alliés des Etats–Unis. En faisant partie des BRICS ils affaibliraient ainsi l’occident dominé par les Etats–Unis dont la monnaie nationale sert de référence depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il y aurait donc avec l’adhésion de ces deux pays arabes mais aussi de l’Argentine pays sud américain un trou dans le bouclier dollar. Ce serait donc un calcul purement géopolitique. Il y a aujourd’hui une confrontation déclarée entre deux visions du monde. L’Une ayant existé depuis 1945  avec pour mentor et maitre d’œuvre les Etats–Unis d’Amérique, l’autre récente qui a pris naissance avec l’essor et l’expansion de la Chine mais aussi et de manière indirecte avec la constitution de l’Union européenne et l’établissement d’une monnaie unique , certes alignée sur le dollar mais l’affaiblissant en même temps en matière d’échanges commerciaux. Un multilatéralisme débridé naquit durant l’exercice des deux mandats de Barak Obama lequel voulait en même temps affaiblir le géant chinois qui était devenu le plus grand adversaire commercial des Américains. Avec l’arrivée de Trump à la   Maison Blanche, ce multilatéralisme auquel personne, au demeurant, n’ ya cru sérieusement, s’effondra comme un château de cartes  et  céda la place à une méfiance réciproque entre Pékin et  Washington avec l’Europe  au milieu. La périphérie, autrement dit le quart de la planète cherchait des assurances. Celles –ci lui ont été alors fournies par la Chine, laquelle avait besoin d’un allié puissant sur le plan militaire et sur le plan des matières premières dont le géant asiatique  en est dépourvu et dont il avait le plus besoin. Ce pays, cet allié c’est son voisin frontalier la Russie, pays sans cesse harcelé par l’occident qui avait installé à ses vastes frontières un cheval de Troie, l’Ukraine, poussant ce pays à se libérer de l’emprise russe et à épouser les thèses de Washington et de cette Europe de l’ouest totalement  vassalisée depuis la chute du mur de Berlin en 1989. L’idée des BRICS   se fait alors plus précise et aujourd’hui cette organisation qui compte onze membres et qui en comptera trente dans les prochaines années avec l’Algérie pèsera alors de tout son poids dans la direction du monde qui n’est plus multipolaire mais bipolaire.

 

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