Crise du Niger: La France refuse toute médiation

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Dans son intervention hier auprès des ambassadeurs, Emmanuel Macron  expliquant la politique internationale de la France s’est étendu sur la situation qui prévaut au Niger. Pour lui la France maintient sa position, celle de rejeter sur le fond et sur la forme le putsch et ne reconnait qu’un seul pouvoir, celui de Mohamed Bazoum.

En clair, pour le président français, la solution proposée par la CEDEAO  d’intervenir militairement au Niger doit être maintenue et pour Macron elle devient urgente. Le président français n’y va donc pas par quatre chemins il encourage et prie même d’une certaine manière les pays de la CEDEAO  à intervenir par les armes. Il rejette donc tout effort de médiation. En fait sans citer l’Algérie qui fait des efforts considérables pour éviter le bruit des armes Emmanuel Macron n’apprécie pas que l’on puisse discuter avec ceux qui détiennent le pouvoir au Niger. «J’entends et je lis les commentaires de la presse de certains pays qui pensent que la médiation est possible, je n’y crois pas!» assène Macron aux ambassadeurs qui l’écoutent. Pour rappel les pays dont il fait allusion et dont il cite un, les Etats –Unis ont toujours rejeté le concept même d’intervention militaire en Afrique pour trouver une solution dans un conflit intérieur d’un pays de ce continent. Pour les Américains mais également pour beaucoup de pays comme la Russie, le Royaume Uni et même l’Allemagne, ce qui se passe à l’intérieur d’un pays ne doit impliquer un pays tiers que dans le cadre de la diplomatie et rien d’autre. Certes il y a de l’hypocrisie dans l’air car dans d’autres pays hors de l’Afrique les interventions militaires d’un pays tiers sont loin d’être considérées comme tabou.  En clair pousser un nombre de pays à intervenir militairement dans un pays confronté à un conflit purement interne n’est pas recommandé ni même souhaité surtout s’il s’agit d’un pays africain. Or ce qui se passe aujourd’hui au Sahel ne plait pas du tout à la France qui craint une contagion vers des pays qu’elle considère comme sa chasse gardée privilégiée comme le Tchad, le  Benin, la Cote d’Ivoire et le Sénégal. Si ces pays remettent, un par un, la présence française sur leur territoire, la France verra son espace francophone imploser et on pourra dire adieu à toute politique africaine de la France.  Que restera t-il alors à la France comme pays africains sur lesquels elle continuera d’exercer une certaine influence. Certainement pas en Afrique de l’est de culture anglophone et dont les regards sont plutôt pointés vers Washington au lieu de Paris. C’est le cas du Kenya et du Ghana .  Il lui reste alors l’Afrique du nord ou plus précisément le Maghreb car en Libye la France de Sarkozy a laissé un très mauvais souvenir. Au Maghreb c’est l’Algérie qui possède tous les atouts en mains. Ni le Maroc, ni la Tunisie ne pourront rivaliser avec cette grande puissance régionale. Aujourd’hui l’Algérie  rejette les ambitions guerrières de la France via la CEDEAO  elle le fait savoir sans détour et cela gène considérablement Macron  car ce dernier sait que la diplomatie algérienne est capable de mettre fin à ce genre d’ambitions. La partie de poker vient à peine  de commencer.

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