C’est une proposition en six axes qui vient d’être formulée par le président Tebboune et elle retient déjà l’attention des pays du Sahel. La plus intéressante concerne le développement économique de ces pays qui sortiront ainsi du cycle infernal de la pauvreté, source de conflits et d’insécurité de cette région sub-saharienne.
Alger veut ainsi regagner sa position dominante dans le règlement des conflits et des crises qui secouent le continent africain. Le président Tebboune veut organiser d’ici la fin de l’année en cours une conférence internationale exclusivement consacrée au développement économique des pays du Sahel. L’analyse algérienne rendue publique a cerné les raisons de ces putschs en cascade qui viennent de secouer le Mali et tout récemment le Niger. Bien qu’attachée au rejet de tout coup d’état militaire renversant des régimes démocratiques issus d’élections légitimes et consignées constitutionnellement, l’Algérie admet cependant que ce qui a motivé la prise du pouvoir par la force ne doit pas être ignoré. En clair pour la vision algérienne, il faut écouter les putschistes et connaitre avec précision ce qu’ils ont à dire et pourquoi ont–ils renversé un pouvoir élu démocratiquement par le peuple. A partir des explications qu’ils donneront on connaitra leur dessein et la question essentielle qui leur sera posée est celle–ci: Combien comptent –ils rester au pouvoir et de quelle manière gouverneront–ils? Il est évident que les militaires ont surtout une vocation sécuritaire et de défense du territoire. Par expérience de ce qui s’est passé ailleurs dans le monde et surtout en Afrique ces militaires savent pertinemment qu’ils ne pourront pas gouverner leurs pays par des décrets ou ordonnances qui ne s’appuient sur aucune connaissance dans la gestion des institutions. Il faudra nécessairement le concours de compétences et ces compétences ne peuvent être que civiles. D’où l’idée d’une transition proposée par l’Algérie qui alterne des civils et des militaires pour une période déterminée ni trop courte ni longue pour rétablir la confiance et entrevoir l’issue politique qu’il faut pour asseoir définitivement la stabilité. L’idée d’une conférence inclusive, réunissant les ethnies parrainée par les putschistes pourra déboucher sur un compromis acceptable par tous, y compris ben par les militaires. Des concessions de part et d’autre doivent être consenties. Il est évident que dans l’optique des militaires qui viennent de prendre successivement le pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, un retour à l’ordre constitutionnel ancien imposé par l’ex puissance coloniale est tout simplement exclu. Pourtant l’initiative algérienne tient à un retour de l’ordre constitutionnel mais elle prend soin de ne pas définir celui-ci, le laissant à l’initiative des miliaires et des tribus ou ethnies de ces pays. Ce que désire l’Algérie c’est un retour à Etat de droit qui respecterait toutes les composantes de la société de ces pays. Quel aspect prendrait cet Etat de droit est une question que les concernés eux mêmes devront définir car calquer ce qui se fait en occident c’est recommencer à l’infini les erreurs passées. Cependant pour la proposition algérienne un tel dispositif ne pourrait garantir la stabilité et la sécurité des pays du Sahel sans le développement économique de ces pays considérés comme les plus pauvres de la planète. D’où l’idée de la tenue d’une conférence internationale, la première du genre qui sera consacrée exclusivement au développement économique des pays du Sahel. Ainsi Alger invitera l’Europe, principale destination des migrations africaines qui se plaint sans arrêt de l’arrivée massive de migrants africains. On demandera à ce continent et on insistera même qu’il se montre généreux en débloquant des crédits suffisants pour faire de cette région sub saharienne une zone de stabilisation des populations lesquelles n’éprouveront plus aucun désir de traverser la mer au péril de leurs vies. La présence de pays appartenant aux BRICS sera– t-elle également requise? Car après tout si cette organisation ambitionne d’être un modèle différent de celui qui a toujours existé et qui est devenu le symbole des inégalités entre les peuples considérés comme riches et ceux placardés indéfiniment comme pauvres pourra, elle aussi, répondre à cette invitation algérienne de grande ampleur qui sera bientôt adressée à un très grand nombre de pays.
