Les attaques d’oiseaux sont considérées comme très fréquentes pour la culture du tournesol. Cependant, elles ne semblent pas avoir posé de problème cette année. Ce n’est pas le cas des mauvaises herbes. En absence d’herbicides appropriés, des exploitants ont eu recours au désherbage manuel alors qu’il existe des possibilités de désherbage mécaniques comme cela est pratiqué par les agriculteurs russes et ukrainiens. Cependant, le type de bineuses utilisé est indisponible en Algérie. La récolte constitue également un point faible. Des agriculteurs ont utilisé des moissonneuses-batteuses avec des barres de coupe à céréales là où des cueilleurs spécifiques sont indispensables. Cette pratique a provoqué des pertes lors de la récolte. Des capitules de tournesol avec toutes leurs graines ont parfois été retrouvés au sol après le passage des engins de récolte.
La crainte des agriculteurs
À des questions d’ordre techniques viennent s’ajouter les préoccupations liées au devenir des récoltes de tournesol. La crainte des agriculteurs de ne pas être payés à temps, voire de ne pas être payés du tout, faute d’acheteurs reste tenace. Ce type de situation est improbable quand l’agriculteur produit des céréales comme l’orge qu’il est sûr d’écouler jusqu’à 7.000 DA le quintal en période de disette. Avec le tournesol, la situation est différente. En semer, c’est déléguer à autrui l’arbitrage pour une partie du revenu de l’exploitation. Dans le cas du tournesol, il s’agit également de déduire du revenu de l’agriculteur la possibilité, comme dans le cas des céréales, de vendre de la paille et de louer après la récolte les chaumes à des éleveurs de moutons. Des pratiques qui améliorent nettement la marge financière à l’hectare des céréales. Chose impossible dans le cas du tournesol puisqu’il ne produit pas de paille.
Rassurer l’agriculteur
Au-delà des aspects techniques, les services d’État et les industriels des unités de trituration devront rassurer les agriculteurs quant à la capacité de l’État d’acheter leur production et de l’acheminer jusqu’aux usines de trituration. Le défi est grand d’autant plus qu’à raison d’un rendement moyen de 20 quintaux pour la première étape du programme national visant 45.000 hectares de tournesol, la production potentiellement atteinte est de 90.000 tonnes. Or, il existe trois unités de trituration. À à elle seule l’usine Cevital de Béjaïa dispose d’une capacité de trituration de 6.000 tonnes/jour. De quoi lui assurer 15 jours de fonctionnement. intsa
