Il ya quelques années de cela, il fallait être le copain du copain du dealer pour pouvoir se procurer un morceau de cannabis. Les transactions se faisaient dans la discrétion la plus absolue. En ces temps les adeptes de ce genre de choses étaient très peu mais surtout très discrets.
Aujourd’hui, le deal est sorti dans la rue et s’est répandu comme une trainée de poudre dans tous les quartiers de la ville et en tout lieu de la wilaya. Les dealers ont rendu leur activité plus visible; ils tiennent boutique aux coins de nos rues, sur les places publics, devant les lycées et CEM, à l’intérieur des facultés et surtout devant les écoles, ce qui rend leur activité très dangereuse pour les enfants.
C’est par une fin de journée ordinaire qu’une patrouille de policiers de la Brigade de répression du banditisme, pénètre dans une ruelle du quartier dit l’usine à gaz, lors d’une intervention qui n’aura en fin de compte pas de résultat concret. Avant même que les policiers n’apparaissent, en civil soient-ils, les dealers étaient avertis et c’est le champ vide. Pour protéger la retraite des fuyards, ceux qui n’ont rien à se reprocher font en sorte pour qu’ils soient contrôler pour retarder les policiers et permettre ainsi à leurs comparses de vider les lieux en toute sécurité. Ces derniers en évacuant le stock en toute catastrophe disparaissent dans les ruelles sombres de la nuit sans laisser de traces. Ce constat nous fait dire que désormais il n’est plus un secret pour personne et nous ne cesseront jamais de l’écrire, car la drogue dans tous ses états est devenue un fléau social bien ancré chez nous et qui ne risque, malheureusement pas, de connaitre des solutions quant à son éradication. Loin de nous de colporter des informations effrayantes, mais la réalité est là en face de nous. Aussi amère soit-t-elle, l’information vaut bien son pesant d’or. Le fléau en question se répand de manière fulgurante au sein de toutes les franges de la société algérienne. Nos universités, nos lycées, nos collèges et même nos écoles primaires sont atteints de ce poison dangereux qui circule librement dans tous les coins et recoins de nos villes. Les statistiques des services de sécurité, sont alarmantes et rapportent que durant les dix premiers mois de l’année 2022, près de 60 tonnes de cannabis ont été saisis, en plus de centaine de milliers de capsules psychotropes de tout genre. Ainsi le bilan de l’Office National de Lutte Contre la Drogue et la Toxicomanie fait ressortir que «l’année 2022, se caractérise par la saisie de: 58. 258,031 kg de résine de cannabis, 5.250,11 grs d’herbe de cannabis, 5 Millilitres d’huile de cannabis, 935,713 grs de graines de cannabis, 61.844,897 grs, 455.000 comprimés de cocaïne, 36,95 grs de crack, 8.591,957 grs d’héroïne, 126,3 grs de graines d’opium, 11.35.813 comprimés de substances psychotropes de différentes marques et 324 flacons de solutions psychotropes, la découverte et l’éradication de 2.485 plantes de cannabis et 191 plantes d’opium. Pour cela et durant la même periode, l’ensemble des services de lutte (Gendarmerie nationale, Sureté Nationale et Douanes) ont traité 96.797 affaires liées au trafic illicite de la drogue, à la commercialisation de cannabis, de la cocaïne, du crack, des substances psychotropes, à la culture de cannabis et à la culture d’opium… Ces chiffres sont bien évidemment loin de reffléter la réalité au vu de ce qui se consomme sur le terrain. La lutte intensive que mènent quotidiennement les services de sécurité n’est pas venue à bout de ce fléau dont ses origines demeurent sans conteste nos frontières de l’ouest. Les bulletins et communications des services concernés qui nous parviennent quotidiennement n’arrêtent pas de mentionner les multiples arrestations et saisie de ce poison qui tue lentement notre jeunesse rien qu’hier les éléments de la police judiciaire de Constantine ont procédé à la saisi de 1000 capsules psychotropes. En dépit de tout, « l’Algérie s’adapte à toutes les situations et ne lésine pas sur les moyens de lutte contre le trafic de drogue. Nous avons toujours œuvré avec nos partenaires sur le terrain pour essayer de freiner ce trafic qui devient de plus en plus important. » Disait déjà un responsable invité de la radio nationale.
