La ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji a présenté, samedi à Alger, le bilan des projets culturels réalisés par son secteur dans le cadre de la célébration du soixantième anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale.
Cette réunion d’évaluation s’est déroulée en présence du Conseiller du président de la République chargé de la culture et de l’audiovisuel, Ahmed Rachdi, du Conseiller du président de la République chargé des Archives et de la mémoire nationales, Abdelmadjid Chikhi, de présidents d’instances nationales, d’artistes et d’autres personnalités.
Dans le domaine du cinéma, « dix-sept (17) œuvres cinématographiques ont été produites, dont onze (11) courts métrages et six (06) documentaires », en plus de l’organisation de caravanes et de tournées artistiques et de projections cinématographiques. Des ateliers de formation, concernant les spécialités de l’industrie cinématographique, ont également été organisés dans diverses wilayas, précise le directeur du développement et de la promotion des arts au ministère, Cheddad Bazie.
Pour le théâtre, « seize (16) œuvres théâtrales ont été produites », en plus de l’organisation d’événements et de tournées artistiques spéciales dédiées au quatrième art, au cours desquelles « 100 spectacles théâtraux » ont été présentés dans différentes wilayas, ajoute M. Bazie. De plus, « trois (03) chorégraphies et deux concerts » ont également été présentés à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih.
Dans le domaine de l’édition, la Bibliothèque nationale (BN) a été enrichie de « 79 nouveaux titres, avec une moyenne de mille (1.000) exemplaires pour chaque titre ». Ces publications ont couvert divers domaines dont les arts, la littérature et les études historiques, en arabe, en amazigh, en français, et en braille, selon les déclarations de directeur du livre et de la lecture publique au ministère, Tidjani Tama.
En outre, une rencontre internationale intitulée « La résistance culturelle en Algérie pendant la révolution nationale, une lutte pour la liberté », a été organisée dans le cadre de la célébration du soixantenaire, ayant mis en exergue la justice de la révolution algérienne et sa dimension internationale et humanitaire, sous le parrainage du Premier ministre, M. Aïmene Benabderrahmane, rappelle M. Tama.
Dans le domaine des spectacles musicaux et des caravanes artistiques, un programme culturel a été élaboré comprenant « de grands concerts dans huit wilayas », a déclaré le directeur de l’organisation de la diffusion du produit culturel et artistique, Smail Inzarene.
« Les dix nouvelles wilayas ont également eu leur part de ce programme », ajoute-t-il, rappelant l’organisation, également des Journées nationales du chant révolutionnaire et de nombreuses soirées poétiques nationales ont été organisées.
En ce qui concerne les arts plastiques, une exposition collective mobile intitulée « 60 ans de créativité d’art plastique algérien » a été organisée avec la participation de plus de 60 artistes, issus de plusieurs wilayas du pays, ajoute M.. Inzarene.
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C’est au cœur de la «guerre de libération» que le cinéma algérien a fait ses débuts. Malgré de faibles échos dans les programmations occidentales, il recèle des œuvres de qualité: le film de Mohammed Lakhdar-Hamina, Chronique des années de braise (Palme d’or 1975 au festival de Cannes), celui de Mohamed Zinet, Alger insolite (Tahyia ya Didou), Omar Gatlato de Merzak Allouache. Le septième art algérien s’est développé avec les festivals et les autres activités culturelles. L’Algérie, dans les années soixante, a également participé à des coproductions de grande valeur : La Bataille d’Alger (1966), L’Étranger (1967), Z (1969), Remparts d’argile (1970). L’Algérie, malgré son indépendance tardive, est le seul pays arabe et africain à avoir reçu une Palme d’or au festival de Cannes et l’un des trois pays africains à avoir gagné l’oscar du meilleur film étranger, avec l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire. La qualité du film algérien est souvent mise en exergue par les nominations aux oscars et autres prix internationaux.
Quelques films muets tournés au moins partiellement en Algérie :
- L’Atlantide (film, 1921)(Jacques Feyder)
- L’Aventurier (film, 1924)(Maurice Mariaud)
- Le Désir (film, 1928)(Albert Durec)
- Le Bled(Jean Renoir, 1929)
Parmi les films parlants au moins partiellement tournés en Algérie avant 1960 :
- Pépé le Moko(Julien Duvivier, 1937)
- Casbah (film, 1938)(John Cromwell)
- Torrents(Serge de Poligny, 1947)
- Casbah (film, 1948)(John Berry)
- La Soif des hommes(Serge de Poligny, 1950)
- Au cœur de la Casbah(Pierre Cardinal, 1952)
Après l’indépendance, l’Algérie est le territoire supposé de l’action de (certaines scènes de) certains films étrangers, dont :
- Héros sans retour(Frank Wisbar,1964)
- Les Aventures extraordinaires de Cervantes(Vincent Sherman, 1967)
Un certain nombre de films dont une partie du scénario (non algérien) est supposée se dérouler en Algérie sont tournés hors d’Algérie, par commodité. Ce n’est pas le cas de La Bataille d’Alger (1966), ni de La Trahison (2005) :
Le cinéma documentaire (en Algérie, comme dans tous les territoires coloniaux), avant 1960, mériterait une étude spécifique.
Naissance du cinéma algérien
1957
Dans la Wilaya I Zone V : un petit groupe de quatre ou cinq combattants de l’A.L.N., ayant appris quelques rudiments du métier, se constitue en équipe de tournage cinématographique.
Cette équipe réalise pour la télévision quatre émissions dont l’audience internationale s’élargit par le relais des télévisions des pays socialistes. L’une de ces émissions présente «la cellule cinématographique de l’A.L.N», les autres documents concernent le rôle des infirmières de l’A.L.N., une attaque des moudjahidine (maquisards) contre les mines de l’Ouenza, symbole de la colonisation.
1960-1961

Le cinéma algérien s’organise par la constitution d’un comité de cinéma (lié au GPRA) puis par la création d’un Service du cinéma du G.P.R.A., enfin par la mise sur pied d’un Service du cinéma de l’A.L.N. Les négatifs des films tournés dans les maquis, sont mis en sécurité en Yougoslavie, pays solidaire de la cause de l’indépendance algérienne.
Ainsi se créent les premières archives du Cinéma Algérien.
Premières réalisations
- 1956-1957
- Les Réfugiés, court métrage 16 mm réalisé par Cécile Decugis(tourné en Tunisie). Sa participation au Réseau Jeanson valut à la réalisatrice deux années de détention dans les prisons françaises.
- 1957
- Courts métrages tournés par les élèves de l’École de formation du cinéma.
- L’École de Formation de Cinéma
- Les Infirmières de l’A.L.N.
- L’Attaque des mines de l’Ouenza
- 1957-1958
- L’Algérie en flammes, court métrage 16 mm couleurs réalisé par René Vautier, produit par René Vautier et la D.E.F.A. (R.D.A.).
- 1958
- Sakiet Sidi Youssef, court métrage réalisé par Pierre Clément.
- Les Réfugiés, court métrage produit et réalisé par Pierre Clément.
- 1960-1961
- Djazairouna, long métrage basé sur des images de Une nation, l’Algérieréalisé par René Vautier en 1955 et des images de Djamel Chanderli prises au maquis. Réalisation : Docteur Chaulet, Djamel Chanderli, Mohammed Lakhdar-Hamina. Producteur : Service Cinéma G.P.R.A.
- 1961
- J’ai huit ans, court métrage réalisé par Yann et Olga Le Massonet René Vautier. La préparation du film fut assurée par Jacques Charby et Frantz Fanon. Producteur : Comité Maurice Audin.
- Yasmina, court métrage réalisé par Djamel Chanderli et Mohammed Lakhdar-Hamina. Producteur : Service Cinéma G.P.R.A.
- La Voix du peuple, réalisé par: Mohammed Lakhdar-Hamina. Djamel Chanderli. Producteur : Service Cinéma G.P.R.A.
- Les Fusils de la liberté, réalisé par: Djamel Chanderli et Mohammed Lakhdar-Hamina. sur un scénario de Serge Michel. Producteur : Service cinéma G.P.R.A.
- 1960-1961
- Cinq hommes et un peuple, réalisation : René Vautier.
Structures du cinéma algérien depuis l’indépendance
1962
Création de C.A.S.B.A.H.-Films. Société privée de production et de distribution cinématographiques. Constitution d’un centre audiovisuel sous l’impulsion du Ministère de la Jeunesse et des Sports.
1963
Création du « Centre de Diffusion Populaire » (C.D.P). Décret N.°63-15, du 9 juillet 1963. Création de « L’Office des Actualités Algérien » (O.A.A). Décret N.°63-15, du 9 janvier 1963.
1964
Création du « Centre National du Cinéma Algérien » (C.N.C). Décret N.°64-164, du 8 juin 1964. (modifié et complété par Décret N.°64-261, du 31 août 1964).
Nationalisation de l’exploitation cinématographique
Décret N.°64-241, du 19 août 1964. Création de « L’Institut National du Cinéma » (I.N.C.), place sous l’autorité du C.N.C Création de la « Cinémathèque Nationale Algérienne ». Décret N.°64-164, du 8 juin 1964.
1967
Dissolution du C.N.C. et de l’I.N.C. Ordonnance N.°67-49, du 17 mars 1967. Création du « Centre algérien de la cinématographie » (C.A.C) Ordonnance N.°67-50, du 17 mars 1967 (réorganisé par ordonnance N.°68-611, du 15 novembre 1968).
Création de l’O.N.C.I.C
L’Office national pour le commerce et l’industrie cinématographique, O.N.C.I.C, est créé en 1967.
Réglementation de l’art et de l’industrie cinématographique Ordonnance N.°67-52, du 17 mars 1967, modifiée et complétée par ordonnance N.°68-612, du 15 novembre 1968, modifiée par ordonnance N.° 69-34, du 22 mai 1969 (monopole de l’importation et de la distribution confiés exclusivement à l’O.N.C.I.C.). Arrêté du 15 mai 1970 fixant la date d’entrée en vigueur (1er juin 1970) du monopole attribué à l’O.N.C.I.C. dans le domaine de la coproduction.
1968
Création de « Centre de Diffusion Cinématographique » (C.D.C) Décret N.° 68-623, du 15 novembre 1968 (modifié par décret N.°69-95, du 8 juillet 1969.
1974
Intégration de l’O.A.A à l’O.N.C.I.C. Ordonnance N.°74-47, du 31-1-1974 L’O.N.C.I.C. est chargé de la production de la Presse Filmée.
Restructuration du secteur audiovisuel.
Une équipe de cinéastes quasi amateurs, vu la précarité de leur formation, produit pour la télévision de 1957 quatre émissions. L’une a pour sujet des infirmières, l’autre capture des images de maquisards en pleine attaque du fief de la colonisation, Ouenza.
Le cinéma s’organise alors selon une structure plus cohérente, par les constitutions successives d’un comité de cinéma et de Services du cinéma. Afin d’être protégés, les négatifs des prises dans les maquis sont expatriés en Yougoslavie, solidaire de la cause algérienne.
En conclusion, un climat d’insécurité plane sur la création des premières archives du cinéma algérien.
