Le doute n’est désormais pas permis. Entre les Etats–Unis et l’Algérie il y a une approche positive qui permet de penser que rien ne sera plus comme avant où les rapports entre les deux pays étaient plutôt tumultueux. Il n’ ya jamais eu autant de contacts que lors de ces deux dernières années. L’administration Biden et son département d’Etat aux affaires étrangères jouent aujourd’hui la carte Algérie.
Autant avec Trump et son équipe les relations étaient loin d’être claires et c’est le moins que l’on puisse dire surtout si on tient compte de l’alignement sans réserve de ce président avec la direction politique anti palestinienne incarnée par la droite et l’extrême droite sioniste qui avait conduit la Maison Blanche à franchir une limite qu’elle n’avait jamais franchie auparavant, celle de la reconnaissance de Jérusalem sans distinction entre l’ouest et l’est de cette ville triplement sainte comme capitale d’Israël. Au mépris de toutes les résolutions adoptées par l’ONU cette équipe Trump ira encore plus loin en poussant certains pays arabes à nouer des relations diplomatiques et économiques avec Israël en échange d’une protection contre l’Iran. La même proposition avait été faite au Maroc concernant le Sahara occidental un fifti –fifti autour d’une réciprocité de reconnaissance: Israël contre marocanité du territoire sahraoui. Ce qu’évidemment n’appréciait pas du tout l’Algérie. Ce double positionnement de l’ancienne administration américaine a véritablement refroidi les relations entre les deux pays jusqu’à l’arrivée à la Maison Blanche des démocrates et de l‘investiture de Joe Biden. En fait les changements notables intervenus depuis dans les relations américano-algériennes on les doit surtout à la présence d’Antony Blinken, fin diplomate et grand connaisseur de la stratégie politique à mettre en place. Le chef de la diplomatie américaine a une position diamétralement opposée à celle de l’équipe précédente. Elle est plus progressiste dans le sens où elle suggère le pragmatisme au lieu et place de la belligérance. Le rapprochement entre Alger et Washington c’est aussi le fait de l’ambassadrice actuelle des Etats –Unis Mrs Aubin qui n’a cessé depuis sa nomination à ce poste de multiplier les initiatives de rapprochement en demandant audience après audience auprès des ministères. Le fait également que des fonctionnaires du département d’Etat américain s’étaient déplacés dernièrement à Alger n’est certainement pas fortuit. Il y a aussi ce voyage qui n’a pas laissé indifférent du premier ministre algérien à Washington où il a pu s’entretenir avec des hommes d’affaires américains et des responsables politiques démocrates mais aussi républicains car il ne faut pas négliger l’avenir. Dernièrement lors de son déplacement à New York où il accompagna le président Tebboune, Ahmed Attaf ministre des affaires étrangères a rehaussé à un niveau jamais atteint les contacts entre les deux pays. Cette stabilisation des rapports entre les Etats–Unis et l’Algérie ne fait certainement pas des heureux. On pense bien sur au Maroc à Israël mais aussi à la France qui est en train de perdre sa prétendue place privilégiée auprès de l’Algérie. Cependant il ne faut pas pavoiser car l’élection présidentielle américaine c’est l’année prochaine et rien ne dit que Joe Biden soit réélu, les sondages ne lui sont pas favorables à cause de son âge avancé. Il a 80 ans et il est étonnant qu’il tienne quatre ans de plus, d’autant que l’on sent de plus en plus son incapacité à gouverner. Il y a aussi le spectre Trump. Le cauchemar n’est pas terminé car avec une reproduction des années Trump les relations entre l‘Algérie et les USA reconnaitront encore une fois des incertitudes.
