Quand on entend Omar Hilale le représentant du Maroc à l’ONU déverser sa hargne et son fiel sur l’Algérie et quand il condamne à demi mot Israël pour ce que l’Etat hébreu est en train de faire à Gaza, on comprend dès lors le maintien d’une certaine complicité entre les deux pays ou plus vraisemblablement entre les deux Etats. Pour le Maroc l’Algérie est ressentie comme son ennemi principal et ce n’est pas le cas d’Israël.
Malgré les manifestations d’hostilité du peuple marocain envers l’Etat sioniste où on brula les drapeaux israéliens et ou on scanda « Israël assassin » le Makhzen entretient le flou dans sa condamnation du génocide qui a eu lieu à Gaza envers la population civile. Sa voix dans les réunions périodiques qui ont lieu depuis le 7 octobre date à laquelle l‘organisation de résistance Hamas a déclenché la guerre contre l’entité sioniste est pour le moins inaudible. Tous les représentants des Etats arabes ne ménagent pas leurs mots pour condamner sans appel les atrocités commises par Israël envers le peuple palestinien à Gaza mais également en Cisjordanie où les colons sont en train de se livrer à des pogroms envers les palestiniens. Ces voix tranchantes dans le vif du sujet pour certains pays membres comme l’Algérie, la Tunisie, l’Irak, la Syrie et plus accommodantes pour des pays comme l’Egypte, la Jordanie mais aussi l’Arabie saoudite et ses satellites émiratis. Par contre cette voix est franchement inaudible concernant le Maroc dont le représentant approuve mais ne dit mot. Le Maroc estime sans doute qu’il est redevable à l’Etat hébreu pour la reconnaissance de sa pseudo marocanité du Sahara occidental. Maigre consolation qui ne signifie d’ailleurs plus grand-chose car Israël de par son comportement et son arrogance affichée de manière ostentatoire envers les nations du monde est aujourd’hui mis au banc de ces nations. Des pays latino américains ont ou bien rompu carrément leurs relations diplomatiques avec l’Etat sioniste ou suspendu celles–ci en rappelant leurs ambassadeurs. Ces pays ne sont pourtant pas des pays arabes comme l’Egypte, la Jordanie, les Emirats Arabes–Unis, Bahreïn et le tout dernier le Maroc. On comprend plus ou moins le cas de l’Egypte et de la Jordanie, trahis en leur temps par leurs dirigeants dont l’un d’eux a payé le prix de cette trahison mais qu’ont à espérer ces principautés du Golfe d’une coopération avec Israël? Une protection contre l’Iran? Ils n’en ont guère besoin puisque les Etats–Unis les protègent. Le Maroc quant à lui et avec ce qui se passe actuellement et vraisemblablement pour un temps à Gaza et en Palestine occupée n’aura droit à aucune aide militaire, ni soutien logistique de l’Etat hébreu censés contenir la pseudo agressivité de l’Algérie envers son voisin de l’ouest. Le Maroc se retrouve seul et sa prétention d’occupation pérenne du territoire sahraoui est tombée à l’eau .Les Etats–Unis qui avaient reconnu la marocanité du Sahara occidental à un moment où ils avaient besoin d’une monnaie d’échange pour conclure ces prétendus accords dits d’Abraham, lesquels sont en train d’être vidés de leur contenu abject concocté par un certain Donald Trump, s’ils n’ont pas encore révisé leur position sur une telle reconnaissance ne feront rien si demain le conseil de sécurité de l’ONU se penchera à nouveau sur la question. Il n’y aura très probablement aucun véto contre une décision de déclarer l’occupation marocaine du Sahara occidental illégale, obligeant le Maroc à se plier à l’autodétermination du peuple sahraoui. Le Makhzen demandera t-il alors l’aide d’Israël qui aura fort à faire pour panser ses blessures d’une guerre qui aura fini par le dévaloriser aux yeux du monde?
