La reprise effective des travaux de réalisation du barrage de Boukhroufa sis dans la commune de Bouteldja n’a pas été effectuée jusqu’à ce jour, nonobstant la promesse du ministre de l’hydraulique, Taha Derbal, quant à la relance dans les plus brefs délais de ce projet stratégique pour le pays et la région et ce, lors de sa dernière visite de travail dans la wilaya effectuée, pour rappel, le 06 septembre dernier, soit deux mois jour pour jour.
Lors de cette visite d’inspection le ministre a indiqué que « le projet du barrage de Boukhroufa qui avoisine un taux de réalisation de 80% a, principalement, deux objectifs stratégiques à savoir : l’irrigation des terres agricoles dés lors que le pays connait une sècheresse manifeste et la protection de la ville d’El Tarf contre les inondations ». Selon des sources concordantes et fiables « les travaux pour l’achèvement de cette infrastructure de base et stratégique, par ailleurs, pour plusieurs wilayas de l’Est Algérien, sont en stand-by à cause d’une multitude de problématiques techniques et de paiement d’avenants, sachant que le maitre de l’ouvrage délégué est l’ANBT (agence nationale des barrages et transferts) ». Il faut savoir, cependant, selon la fiche technique de ce projet primordial que l’entreprise de réalisation est le groupement de deux entreprises: NUMROL/GESI-TP (Turquie-Algérie). Le montant du marché et avenants et de 14.424.489.730,94 DA TTC. L’ODS (ordre de service) date du 29 octobre 2013 avec un délai de réalisation de 98 mois. Ce qui est énorme. Les études d’exécution, d’assistance technique et de suivi des travaux ont été confiées au groupement ENM/CTH/ENB (Grèce/Algérie/Grèce). La consistance des travaux est la suivante à savoir la situation physique qui est, actuellement, de 80% et la situation financière qui est de 68%. Et cerise sur le gâteau, l’ANBT s’est engagée à la mise en eau anticipée pour le mois d’Aout 2024, ce qui est impossible et relève de la sphère chimérique. Le barrage a une capacité de stockage de 97,6 millions de mètre cube ». Par ailleurs, le projet comporte des marchés auxiliaires dont entre autres la déviation de la route reliant la commune de Zitouna à celle de Bouteldja sur 10km pour un montant de 81,6 milliards de Cts, la réhabilitation de la route du barrage vers la commune de Bouteldja sur 08km pour un montant de 23,9 milliards de Cts, et enfin, les travaux d’aménagement d’oued Boukhroufa à l’aval du barrage sur 1,2 km dont l’ouverture des plis de soumission s’est effectuée le 29 septembre dernier. Dans le même sillage, il est judicieux de savoir que le ministre a déclaré lors de sa visite du site que « nous avons besoin de chaque goutte d’eau. Le but de ce barrage important est de protéger la ville d’El Tarf contre les inondations. Ce qui veut dire protéger le citoyen qui est une priorité absolue de l’état algérien. Le taux de réalisation de ce barrage est de 80%. Il est inadmissible et inacceptable que les travaux ne reprennent pas. J’en connais quelques raisons, mais il reste que l’ANBT qui est le maitre de l’ouvrage à toutes les prérogatives. Certes, en tant que ministère de tutelle on doit jouer notre rôle pour ce qui est de la mise en place des CP (crédits de payement) et pour encadrer l’évaluation demandée à condition que les dossiers de réévaluation et de restructuration de cette opération soient conformes à la règlementation en vigueur. Mais, quoi qu’il en soit cette situation doit être débloqué, impérativement. Le ministre est là pour régler tout ce qui dépasse les prérogatives de l’ANBT ». Pour sa part, le DG de l’ANBT a imputé ce retard de 8 années « au retrait de l’entreprise algérienne de ce projet. C’est un litige entre les deux entreprises réalisatrices. Un problème de groupement.GESI-TP n’a pas pu terminer ses travaux ». Un grief qu’a réfuté le DG de GESI-TP. Interrogé, le DG de l’entreprise Turque NUMROL n’a pas voulu fournir de chiffres des montants des avenants déposés au niveau de l’ANBT. Il a, seulement, sollicité le ministre pour le paiement, du moins, de la moitié du montant total des avenants. Nos multiples démarches pour contacter et l’ANBT et la direction de wilaya de l’hydraulique sont restées sans suites. Il y a anguille sous roche. Cependant, des cadres de l’hydrauliques ont affirmé que les montants des avenants sont très excessifs et que ce problème requiert l’intervention du ministre himself pour trancher dans le vif. Quoi qu’il en soit, la population est dans l’expectative et interpelle en dernier ressort le président de la république pour donner un coup d’accélérateur salutaire pour l’achèvement de ce projet stratégique pour toute la wilaya d’El Tarf. Un projet qui dynamisera, indubitablement, tout le secteur agricole au grand bénéfice de la collectivité nationale.
