Le remplacement à la tête du gouvernement d’Aymen Benabderrahmane par Nadir Larbaoui n’est aucunement une sanction comme certains le laissent penser. En fait l’ex premier ministre a rempli sa mission, laquelle devait s’arrêter un jour. Ce jour c’était le 11 novembre. Benabderrahmane ancien argentier du pays est un excellent gestionnaire. Technicien de la finance il a réussi à mettre de l’ordre dans les finances publiques et a donné de l’élan à la croissance économique.
L’Algérie se porte bien sur les plans macro et micro économiques. Les réserves de change ne cessent d’augmenter, le PNB est en hausse et la dette extérieure est inexistante. Devant tant d’indicateurs qui s’affichent au vert on est tenté de se poser cette question; Pourquoi, puisque tout va bien le président a-t-il décidé de changer un premier ministre qu’il appréciait au demeurant. En fait la place maintenant est à la politique. La gestion technique qui prévalait jusqu’ici doit céder la place à une vision politique qui est liée avec ce qui se passe actuellement sur le plan régional et à travers le monde. Sur ce plan là l’ex premier ministre a montré ses limites. Sur la scène internationale où il représentait souvent le président de la république au cours de conférences ou réunions importantes la voix de l’Algérie était inaudible. C’était Attaf le ministre des affaires étrangères qui faisait le job. Aymen Benabderrahmane faisait de la figuration alors qu’il était attendu de lui un maximum de punch. Il ne suffisait pas d’afficher sa présence qui était en fait celle de l’Algérie mais d’attirer l’attention sur une telle présence, ce qui n’était pas le cas. Le président de la république attendait un déclic de son premier ministre mais ce déclic n’a jamais eu lieu. Actuellement le monde est dans un bouleversement inédit et l’Algérie doit se situer en équilibre. Exercice difficile qui exige innovation et audace. Le pays a besoin d’une diplomatie forte. C’est le cas avec Ahmed Attaf mais il a besoin aussi d’un exécutif qui allie en même temps la gestion technicienne et une vision politique du court et du moyen terme. Avec Aymen Benabderrahmane ce n’était pas possible. Cela a été démontré par l’absence de l’Algérie à la conférence arabo-islamique de Riad. Cette politique de la chaise vide ou d’une présence qui ne fait pas le poids est devenu insupportable pour le chef de l’Etat. Le président de la république dont la présence dans le pays est actuellement plus indispensable que jamais en considération de l’élection présidentielle dont la date n’a pas encore été fixée et les intentions affichées mais qui aura lieu soit vers la fin de cette année ou au début de2024. Le chef de l’Etat donne ainsi à son nouveau premier ministre qu’il connait bien puisque ce dernier a été son conseiller toute latitude pour donner une image forte de l’Algérie à l’extérieur en prévision de la prochaine élection présidentielle qui doit rassurer tous nos partenaires étrangers.
