Représentation palestinienne en Algérie Entre loyauté et Realpolitik

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L’Autorité palestinienne implantée en Cisjordanie avec pour capitale provisoire Ramallah est élevée au rang d’ambassade de l’Etat palestinien à Alger. Cette décision de l’Etat algérien est un gage d’amitié et de fraternité envers le peuple palestinien et ses dirigeants et l’Algérie n’entend pas revenir là-dessus, bien qu’une partie du territoire palestinien, en l’occurrence Gaza est quant à elle gouvernée depuis 2006 par Hamas.

La diplomatie algérienne ne reconnait pas officiellement le Hamas comme un représentant officiel du peuple palestinien. Il n’y  a jamais eu de contact direct entre cette organisation de résistance érigée en gouvernement et l’Etat algérien. Pour la diplomatie algérienne c’est une question de pragmatisme car reconnaitre Hamas comme un représentant légitime du peuple palestinien, c’est jouer la rivalité or cela n’a jamais été la perception diplomatique de l’Etat algérien. La relation Palestine –Algérie remonte très loin, précisément depuis l’accession de l’Algérie à sa souveraineté nationale. Bien avant la guerre dite des six jours de 1967 l’Etat algérien aidait les combattants de l’OLP  dirigée par feu Yasser Arafat en leur octroyant un budget conséquent prélevé sur la trésorerie d’Etat, des armes et un asile sécurisé pour ses dirigeants politiques, toutes tendances confondues ( Fatah , FPLP et FDLP)  ainsi que sa hiérarchie militaire. Après la débâcle arabe de Juin 1967 qui permit à l’entité sioniste d’occuper illégalement la Cisjordanie y compris la partie Est de Jérusalem, l’OLP plus combattive que jamais trouva en l’Algérie l’aide la plus désintéressée et la plus solide du monde arabe  car les diplomates algériens devinrent les ambassadeurs itinérants de la Palestine occupée auprès de toutes les instances internationales. Au cours des assemblées générales de l’ONU  nos représentants auprès de cette instance prenaient souvent la relève des  discours  prononcés à maintes reprises par le leader incontesté de la Palestine, Yasser Arafat. Ce dernier au cours de toutes ses interventions auprès des pays arabes prenait toujours soin de rappeler aux dirigeants du monde arabe l’exemplarité du soutien de l’Algérie pour la cause palestinienne. Après les accords dits d’Oslo qui ne durèrent pas, celui qui remplaça le défunt Arafat, Mahmoud Abbas trouva, lui aussi, ce soutien inconditionnel de l’Algérie, devenu un  de ces rares pays de la nation arabe à réclamer sans interruption la création d’un Etat palestinien sur tous les territoires occupés par Israël depuis 1967, hormis le Golan  bien sur. L’Etat algérien a même fait  plus que cela puisqu’il a accordé un statut d’Etat à cette Cisjordanie occupée jusqu’à ce jour par les sionistes. Néanmoins depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre dernier, la perception internationale qu’a aujourd’hui le monde sur l’autorité palestinienne implantée à Ramallah a littéralement changé. Certes la solution à deux Etats est plus que jamais d’actualité car même les Etats–Unis grand protecteur d’Israël le réclame et en fait même son point d’orgue. Pourtant une question cruciale reste en suspens et c’est celle–ci: Qui discutera au nom des palestiniens de la création de leur futur Etat, si tant est que cette solution finisse par être  imposée par la force  et à l’unanimité par les cinq membres du  Conseil de sécurité  à l’entité sioniste. Cette question est aujourd’hui au centre des préoccupations de l’Algérie qui aura immanquablement son mot à dire. Nous n’en sommes pas encore là, mais tout semble indiquer que cela arrivera plus tôt qu’on ne le pense.

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