Le président de la république a entrepris jeudi dernier une visite importante dans la wilaya de Tindouf. Il veut faire de cette région frontalière avec le Maroc une zone éminemment stratégique sur le plan économique et social. Avec la mise en fonctionnement de la mine de Gara Djebilet qui sera reliée à Béchar par voie ferroviaire, c’est toute la région sud-ouest qui accède au développement.
Ce défi , car il en est un, a toujours été présent dans les ambitions du président de la république. Arrivé à l’issue de son premier mandat il actionne ainsi le levier de l’avenir et celui-ci est prometteur pour cette région du sud–ouest algérien qui n’a jamais été au centre des préoccupations de tous les pouvoirs politiques qui ont précédé celui d’Abdelmadjid Tebboune. En effet on a toujours considéré Tindouf comme un immense centre d’accueil de réfugiés sahraouis ayant fui l’occupation marocaine. En réalité cette région a toujours été potentiellement riche en ressources minières et particulièrement le fer dont les réserves estimées à Gara Djebilet sont considérables et peuvent faire de cette zone semi désertique une plaque tournante industrielle desservant la région oranaise de son nord à son sud. Le président Tebboune veut faire de Gara Djebilet une ville minière qui engloberait la transformation du brut minier. Par ailleurs il est aussi prévu de relier Bechar à Gara Djebilet par une voie ferroviaire dont les travaux avancent vite et qui transportera le minerai de fer au futur complexe sidérurgique de Bechar dont la mise en fonction est prévue vers la fin de 2024. Ce grand projet industriel mais aussi urbain car il fixera la main d’œuvre employée en créant quelques 25 000 travailleurs qui résideront en permanence dans cette ville qui surgira bientôt du sol désertique de la wilaya de Tindouf. Ce pari du sud–ouest industriel a été murement réfléchi et tous les experts consultés qu’ils soient nationaux ou étrangers s’accordent pour affirmer sa faisabilité et soulignent même qu’il sera d’une importance majeure pour la relance de l’industrialisation en Algérie qui avait au cours des trois dernières décennies régressé à cause du manque d’attention qu’on lui accordait. Ainsi les deniers chiffres concernant la production sidérurgique sont éloquents et parlent d’eux-mêmes quant au succès de cette branche de l’industrie lourde, longtemps monopolisée par le complexe d’El Hadjar mais dont le monopole a été brisé par la réalisation de deux autres complexes, celui de Bethioua dans la région d’ Oran et à Bellara dans la wilaya de Jijel qui, à eux seuls ont très largement dépassé en termes de production d’acier et ses dérivés le complexe d’El Hadjar qui peine encore à se mettre au niveau des autres complexes sa production d’acier , à cause dit-on de sa structuration très lourde sur le plan de la gestion. Ainsi l’Algérie sur instruction du président Tebboune veut rattraper son retard industriel et ambitionne de produire à l’horizon 2030 douze millions de tonnes d’acier qui serviront au développement en interne de son industrie nationale dont la construction automobile mais également exporter un excédent jugé important à cause de la forte demande en acier qui ne cesse de croitre à travers le monde , notamment en Afrique. Ainsi d’est en ouest en passant par le sud l’Algérie ne sera pas seulement ce pays qui ne produit que du pétrole et du gaz mais aussi des produits industriels.
