Skikda-« Entre Mémoire et Savoir:
Colloque national sur l’œuvre et l’héritage de Ali El Kenz »

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Par Aissani MohamedTahar

Le premier colloque national intitulé « Lectures sur l’œuvre de Ali El Kenz », organisé les 2 et 3 décembre 2023 à la bibliothèque principale de lecture Noreddine Sahraoui, a été un événement marquant dans l’univers académique et culturel algérien. Placé sous le haut patronage de la ministre de la culture, Soraya Mouloudji, et de la Wali de Skikda, Houria Madahi, ce colloque a non seulement honoré la mémoire de l’éminent sociologue et écrivain Ali El Kenz, mais a également servi de plateforme pour une exploration approfondie de son œuvre et de son impact.

L’événement a vu la participation de plusieurs universités prestigieuses d’Algérie, notamment celles d’Alger, Oran, Biskra, Annaba, Mila, Sétif et Skikda. Le programme riche et diversifié du colloque a couvert une variété de thèmes tels que « Ali El Kenz et la conscience de l’identité et des crises dans les pays en développement », « Ali El Kenz: sciences et raison, cœur et passion », ainsi que des discussions sur des aspects plus personnels tels que « Ali El Kenz, le penseur et l’humain » et « Ali El Kenz, notre ami ». Un des moments forts du colloque a été la présence de Selma El Kenz, fille d’Ali El Kenz, qui est elle-même une artiste et philosophe reconnue. Sa présence a ajouté une dimension personnelle et intime à l’événement, soulignant l’impact d’Ali El Kenz non seulement en tant que sociologue, mais aussi en tant que père et inspiration. La séance inaugurale a été présidée par le directeur de la culture de la wilaya de Skikda, Mohamed Nemili, et le président du colloque, le Professeur Kihel Mustapha. L’introduction a été donnée par Mohamed Boudermine, un élève d’Ali El Kenz, tandis que Souleimane Boumediene, un référent en sciences sociales, a animé le colloque. Cette collaboration interuniversitaire a permis de mettre en lumière l’influence d’Ali El Kenz sur le développement des sciences sociales en Algérie et dans le monde. Le colloque a également servi de témoignage des événements du 20 août 1955, une date significative dans l’histoire de l’Algérie, et a mis en exergue l’importance de Skikda, ville natale d’Ali El Kenz. Dar Benhouria, le lieu de naissance de Ali El Kenz, a été évoqué comme une source d’inspiration pour Selma El Kenz et d’autres artistes et intellectuels. L’événement a été l’occasion de revenir sur la trajectoire professionnelle d’Ali El Kenz, de réfléchir sur ses contributions majeures à la sociologie, et de célébrer sa vie et son héritage. À travers les différentes sessions, les participants ont pu aborder et débattre de ses travaux, notamment sur son ouvrage « La crise », et de son approche unique de la sociologie, marquée par une empathie profonde envers les classes populaires et un engagement envers les questions de développement et d’identité dans les pays en développement. En somme, ce colloque a été un hommage digne et inspirant à Ali El Kenz, reflétant non seulement son statut de référent des sciences sociales, mais aussi son impact en tant qu’homme, enseignant et penseur. Il a permis de réaffirmer l’importance de son œuvre et de sa pensée dans le contexte algérien et international.

« Ali El Kenz

 Un Parcours Éminent en Sociologie et Lettres – De Skikda à Nantes »

Ali El Kenz est né le 6 janvier 1946 à Skikda, une ville historiquement riche et culturellement significative en Algérie. Il a mené une carrière distinguée en tant que sociologue et écrivain, et fut professeur de sociologie à l’Université d’Alger avant de poursuivre son parcours académique à l’Université de Nantes. Il a commencé en tant qu’étudiant puis enseignant de philosophie à l’Université d’Alger, avant de s’orienter vers la sociologie dès 1972. En 1984, il a soutenu une thèse de doctorat sous la direction de Pierre-Philippe Rey, publiée aux éditions du CNRS sous le titre « Une expérience industrielle en Algérie : le complexe sidérurgique d’El Hadjar ».

Cette reconnaissance a permis à El Kenz de devenir directeur associé au Centre de recherche en économie appliquée au développement (CREAD). Quittant l’Algérie en 1993, il a rejoint l’Université de Nantes en tant qu’enseignant-chercheur et a joué un rôle clé dans la création de l’Institut d’études avancées de Nantes, collaborant étroitement avec Alain Supiot. Ses recherches se sont concentrées sur le travail, le développement et la sociologie des sciences, avec une attention particulière portée à l’Algérie, au monde arabe et à l’Afrique. Il a également contribué à la presse algérienne, notamment par des articles dans le quotidien en langue française El Watan. Les œuvres d’El Kenz comprennent plusieurs publications significatives, telles que « Monographie d’une expérience en Algérie: le complexe sidérurgique d’El Hadjar » (1984), « Le Complexe sidérurgique d’El Hadjar: une expérience industrielle en Algérie » (CNRS, 1987), « Au fil de la crise: 4 études sur l’Algérie & le monde arabe » (Bouchene, 1989), « L’Algérie et la modernité » (CODESRIA, 1989), « Le Hasard et l’histoire » (1990), « Gramsci dans le monde arabe » (1994), « Le Monde arabe » (l’Harmattan, 2003), « Les maîtres penseurs » (ENAG, 2008) et « Écrit d’exil » (Casbah, 2009). Le colloque en hommage à Ali El Kenz a été une célébration de cette riche trajectoire, soulignant son apport inestimable à la sociologie et aux sciences sociales. Son influence s’étend bien au-delà de l’Algérie, touchant le monde arabe et l’Afrique, et continue de résonner à travers les générations d’étudiants et de chercheurs qu’il a inspirés. Son héritage perdure, non seulement dans ses écrits académiques, mais aussi dans les souvenirs et les récits partagés par ceux qui l’ont connu et apprécié

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