Le forum national de la société civile qui se tient depuis hier au palais des nations (club des pins) sous le thème «Dialogue , citoyenneté et développement » acte la présence du premier ministre Nadir Larbaoui, lequel annonçant l’ouverture des travaux a lu au nom du président de la république un message aux participants à ce forum.
La société civile n’est pas à son premier rendez-vous pour débattre de son rôle et de ses missions dans le pays. Le président de la république attend beaucoup d’elle et il le rappelle à chaque occasion. Il se trouve néanmoins que la réalité des faits n’est pas conforme aux vœux du chef de l’Etat. Il y a donc de la déception dans l’air. En clair dans son message adressé aux responsables de la société civile, le président leur dit sans expressément prononcer ces mots «Secouez–vous!». Il est vrai que l’on ne voit pas beaucoup sur le terrain les acteurs de la société civile. Par exemple en cette période d’inflation que connait le pays depuis deux ans qui a engendré de la spéculation tous azimut la défense du consommateur était totalement absente or c’est là justement que doivent intervenir les associations de défense du pouvoir d’achat du consommateur. Autre exemple significatif celui-là concerne l’aide aux plus démunis des citoyens, souvent réduits à la mendicité ou à l’errance jusqu’à dormir dans la rue. En principe les associations qui existent et qui ont pignon sur rue doivent impérativement intervenir pour ces gens, de plus en plus nombreux qui ne peuvent plus vivre avec un minimum de décence et qui sont laissés pour compte. En principe ces associations doivent faire un travail sérieux de recensement de ces personnes qui sont dans le besoin et leur délivrer une carte avec laquelle elles peuvent s’approvisionner pour des produits essentiels sans avoir à payer quoi que ce soit car ce sont les associations concernées par le caritatif qui paieront les commerçants ou les grandes surfaces. Ce genre d’actions existe partout dans les pays avancés et ceux dont le modèle social est plus humanitaire que tiré vers le seul profit Il se trouve aussi que L’Etat verse régulièrement de l’argent, souvent des sommes considérables qui sont versées périodiquement sur les comptes de ces associations sauf que celles –ci ne l’utilisent que rarement. L’autre inaction que l’on reproche régulièrement à la société civile, à travers son tissu associatif concerne le faible soutien accordé aux femmes jetées par leurs conjoints à la rue souvent accompagnées de leurs enfants en très bas âge. Celles –ci sont la plupart du temps victimes de violences conjugales qui les poussent à quitter leur domicile conjugal, emmenant parfois un ou deux enfants avec elles et se trouvant du jour au lendemain dans la rue ou dans le meilleur des cas chez leurs parents qui tolèrent à peine leur présence. Ce genre de drame est malheureusement fréquent et il ne trouve pas de solution. Or précisément ce sont les associations qui s’occupent de solidarité sociale qui doivent s’en charger. La société civile est interpellée sans cesse par le chef de l’Etat. C’est donc la énième fois que le président intervient pour la rappeler à l’ordre. En fait la société civile s’est plutôt investie dans la politique politicienne. C’est bien mais ce n’est pas cela qui lui est demandé, ce qui lui est prescrit c’est d’accompagner le corps social contre tout abus constaté et d’aider celui-ci dans ses franges les plus faibles, pour le reste, c’est-à-dire la politique, c’est aux partis der s’en charger et non la société civile.
