L’année qui s’annonce sera celle où les banques publiques ouvriront leurs capitaux et feront leur entrée en bourse. Le CPA a déjà annoncé qu’il ouvrirait dès janvier prochain son capital à hauteur de 30% auprès d’actionnaires qui feront partie du conseil d’administration de la banque. Ce sera ensuite le tour de la BDL puis de la BEA. C’est donc parti !
Le président de la république n’a cessé de le répéter, les banques publiques doivent faire leur mue et fonctionner comme de vraies banques d’affaires et d’investissement. La gestion administrée de notre système financier qui dure depuis l’indépendance ne correspond plus du tout à la dynamique enregistrée par le système bancaire international même dans les pays se qualifiant de communistes comme la Chine. Seuls Cuba et le Venezuela continuent de gérer leurs banques contrôlées à 100% par l’Etat. Ce modèle ne correspond plus à l’Algérie qui a décidé de s’ouvrir sur le monde extérieur pour atteindre l’émergence, objectif déclaré de cette nouvelle Algérie. Passé le cap de la libéralisation de l’investissement qui n’est plus soumis aux règles contraignantes connues dans le passé, c’est à présent au tour des banques publiques de se soumettre aux règles et aux normes admises par le capitalisme mondial. Il n’ y a donc plus de place à l’idéologie ou au nationalisme totalement étriqué qui fait perdre énormément de temps à l’Algérie ,qui aurait pu au cours de ces vingt quatre années atteindre un niveau semblable à celui de l’Egypte, pays qui ne possède pourtant pas les ressources de toutes sortes dont dispose l’Algérie et qui plus est peuplé de 80 millions d’habitants alors que notre pays en compte un peu plus de la moitié, pourtant l’Egypte se porte sur le plan financier mieux que l’Algérie grâce à la souplesse de son système financier qui associe pleinement les pays du golfe dont la richesse est avérée. Certes l’Algérie suivra une voie différente pour éviter d’être l’otage d’un pays ou d’un autre. La réforme bancaire désirée par le président Tebboune fait plutôt appel à des actionnaires nationaux et internationaux porteurs de capitaux qui sont intéressés par les dividendes annuelles que leur procurera la banque. La réforme bancaire que veut le président de la république pour l’Algérie n’est pas de dénationaliser les banques publiques en les rendant à 100% privées, mais de ne pas, non plus, les conserver à 100% publiques comme c’est le cas aujourd’hui. En fait dans la logique du président nos banques publiques doivent apprendre à gérer leur fonctionnement selon une optique boursière puisqu’il leur sera fait obligation dès l’année qui vient d’entrer en bourse. Le premier taux retenu par l’actionnariat prévu dès janvier prochain est de 30% autrement dit 100 milliards de dinars. Ce ne sera cependant qu’un début car si la banque réalise des bénéfices son action en bourse augmentera et d’autres actionnaires seront intéressés d’acheter des actions, ce qui augmentera leur présence au sein du conseil d’administration de la banque, ils pourront ainsi à terme devenir des associés importants de la banque publique, qui le restera cependant car il n’est pas question qu’elle devienne une banque privée incontrôlable et freinant considérablement la stratégie politico économique de l’Etat qui entend rester maitre de toutes ses décisions.
