Des sénateurs et des députés après avoir écouté religieusement le président de la république faire son discours sur l’état de la nation au cours de ces quatre dernières années se sont mis à crier «un second mandat» , une habitude que l’on croyait oubliée après la succession de mandats de l’ex président. Il se trouve qu’il existe encore des réflexes enracinés dans le personnel politique.
Pourtant le président Tebboune a fait une démonstration claire et sans ambigüité en supprimant le mielleux «Son excellence le président de la république». Il ordonna impérativement qu’on n’utilise plus cette expression et de la biffer du portrait officiel accroché aux murs des administrations et des institutions officielles. Tebboune a toujours dit et maintes fois précisé qu’il était à son poste de président non pour cultiver un culte de la personnalité, en l’occurrence la sienne, mais pour concrétiser son programme qui lui tient particulièrement à cœur, celui de changer les mentalités en les adaptant à une vision moderne et civilisatrice, loin de tout populisme et flagornerie. Pour l’actuel chef de l’Etat bâtir la nouvelle Algérie c’est tout ce qui compte pour lui, rien que ça! D’ailleurs lorsqu’il entendit des coins de l’hémicycle «Second mandat» il montra un agacement certain. Certes il s’abstint de sermonner ces zélés sénateurs et députés mais sa mine leur a fait comprendre que leur zèle n’a aucune raison d’être. L’Algérie à laquelle pense Tebboune est un Etat de droit où le culte de la personnalité est banni du lexique politique et institutionnel. Lui-même se dit toujours être au dessus des partis mais qu’il tient compte de l’avis de ceux–ci puisqu’il les reçoit un par un. Les anciennes habitudes dont nous ont habitués le FLN et le RND durant de nombreuses années n’ont plus cours. Quant à l’exercice d’un second mandat, le président actuel sait pertinemment qu’il y a droit puisque la constitution amendée qu’il fit voter par le peuple lui en donne ce droit. Il n’a pas besoin qu’on le lui rappelle. N’a-t-il pas dit au sortir de l’hémicycle quand les journalistes lui posèrent la question « Si la santé est au rendez–vous et si le peuple le décide ». Il n’a pas dit que s’il rempilait ce sera parce que les députés ou les sénateurs l’ont réclamé mais uniquement si la situation l’exigeait et par situation il faut comprendre que le président voudrait achever sa tache, celle de mettre sur rail la nouvelle Algérie, si chère à ses yeux . Il veut laisser aux générations montantes et à celui qui lui succèdera en 2029 un héritage solide.
