Quel plan l’Algérie envisage-t-elle face à la décision des autorités françaises d’interdire le détachement des imams dans le pays à partir de la nouvelle année ? A-t-elle d’autres options alternatives ? La possibilité existe, compte tenu de la spécificité de la présence algérienne en France, qui se manifeste dans la plus grande institution religieuse affiliée à l’Algérie sur le sol français, à savoir la Grande Mosquée de Paris.
En effet, la Grande Mosquée de Paris est considérée comme la vitrine religieuse algérienne en France, financée par l’État algérien pour encadrer les activités religieuses et culturelles des membres de la communauté algérienne et d’autres communautés musulmanes. Selon les dernières données du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Belmahdi, le financement a atteint environ 315 milliards de dinars. La loi française entrée en vigueur en début d’année vise à exclure le paiement des salaires des imams présents sur le sol français en provenance d’un pays étranger. Ainsi, le processus nécessite des arrangements pris en charge par la Grande Mosquée de Paris, en tant qu’institution officielle française mais soumise à la supervision algérienne en termes de cadre réglementaire et de financement. Étant donné que les associations religieuses des mosquées employant des imams venant d’Algérie ou d’ailleurs ne sont pas en mesure de fournir et de payer les salaires des imams, la Grande Mosquée de Paris peut prendre en charge cette tâche, à condition de recevoir un financement supplémentaire des autorités algériennes. Cela lui permettrait de recruter davantage d’imams en tant qu’institution religieuse algérienne officielle, mais soumise à la loi française. Dans ce sillage, le journal « Le Monde » indique : « Pour surmonter le problème, la Grande Mosquée de Paris doit s’assurer du soutien financier de l’État algérien pour lui permettre de payer les salaires, ce qui lui permettrait de maintenir les imams qui souhaitent travailler en France, mais selon un contrat français ». Le nombre de lieux de culte en France est d’environ 2900 mosquées. La disponibilité de ressources financières locales pour payer les salaires des imams empêcherait le ministère de l’Intérieur français de les pourchasser, selon les propos de Chamseddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée, rapportés par « Le Monde ». Il est à souligner que l’Algérie et la Turquie, ont insisté sur le maintien de leurs imams sur le sol français jusqu’à l’annonce de l’interdiction, envisageant des solutions alternatives pour contourner la décision de manière légale.
Par Kheireddine. Boukhalfa
