Depuis 2016, les grèves des médecins se sont multipliées au Royaume-Uni, mettant fin à quarante ans de calme relatif. En janvier 2024, un mouvement de grève sans précédent a été lancé par les médecins juniors en Angleterre.
Ces professionnels de santé, qualifiés et dotés de plusieurs années d’expérience, travaillent sous la supervision de médecins seniors et représentent une part importante du personnel du service public de santé. Cette grève, qui a duré six jours, est la plus longue dans l’histoire du National Health Service (NHS), l’organisme public gérant la santé au Royaume-Uni depuis 75 ans. Cette action fait suite à une série de grèves organisées en 2023 par des médecins représentés par la British Medical Association (BMA), réclamant de meilleures rémunérations face à une inflation croissante. La BMA a exhorté le gouvernement à présenter une offre salariale crédible pour mettre fin à ces grèves qui accentuent la pression sur les services de santé. Plus de 7,7 millions de patients sont en attente de traitement, et plus de 1,2 million de rendez-vous ont été annulés par le NHS depuis le début des grèves en 2023. Durant ces mouvements de protestation, qui incluaient également des infirmières et d’autres professionnels de santé, une augmentation de 35% des salaires a été réclamée pour compenser la diminution du pouvoir d’achat. Cependant, le gouvernement n’a proposé qu’une augmentation de 8 à 10%. En réponse, les syndicats ont organisé des grèves du 20 au 23 décembre 2023 pour améliorer les salaires et contrer les effets de l’inflation. La grève coïncide avec la saison hivernale, période durant laquelle les cas de grippe et de COVID-19 augmentent, exacerbant le problème avec un taux plus élevé d’absentéisme parmi le personnel médical en raison de maladies. Cette crise dans le secteur de la santé publique au Royaume-Uni souligne des problèmes structurels et met en lumière les défis auxquels sont confrontés les systèmes de santé publics dans un contexte économique difficile.
Par Aissani Mohamed Tahar
