L’Algérie qui dispose d’un siège de membre non permanent au conseil de sécurité de l’ONU veut dynamiser cette haute instance en proposant des résolutions concernant les dossiers brulants d’actualité. En ce moment c’est la situation qui prévaut à Ghaza qui attire le plus d’attention, or si on ne se préoccupe pas dans l’urgence de ce qui se passe en ce moment dans l’enclave palestinienne, le génocide perpétré par Israël sur des centaines de milliers de gazaouis ne relève aucunement de la fiction.
D’où l’interpellation de cette instance par l’Algérie demandant aux autres membres non permanents d’élaborer une résolution qui condamnerait sans réserve les agissements inadmissibles d’un Etat membre des nations–unies La question posée par l’Algérie à tous les membres du conseil de sécurité permanents et non permanents est de cet ordre: Un Etat membre de l’ONU peut–il passer outre et en permanence toutes les résolutions le concernant qui ne lui demandent qu’une seule chose, celle de respecter la charte des nations–Unies dont tout état est tenu de s’en tenir à son contenu et d’appliquer les règles qui y figurent. Ce discours tenu par l’Algérie gène un membre permanent du conseil et on comprend de quel membre il s’agit. Ce droit de véto qui est une arme dissuasive de détournement de tout problème considéré comme épineux, surtout s’agissant d’un pays que ce membre permanent protège et défend contre toute résolution portée contre lui est aujourd’hui dénoncé par une écrasante majorité des pays membres de l’ONU. L’Algérie qui vient d’accéder pour une durée de deux ans au poste de membre non permanent de ce conseil de sécurité ne cessera d’initier débat sur débat sur toutes ces questions relevant de l’éthique et des valeurs inscrites dans la déclaration universelle des droits de l’homme et dans la charte des nations–unies. En rappelant sans cesse ces principes elle ouvre une brèche dans un consensus qui semblait bien établi depuis la création de l’ONU en 1945. A la fin de la seconde guerre mondiale, l’instance onusienne qui venait d’être créée par les puissances alliées qui avaient combattu les forces de l’Axe (Allemagne nazie, Italie et Japon) ne comptait que le tiers des pays du monde, la plupart des pays qui sont aujourd’hui membres de l’ONU étaient colonisés. Ce n’est plus du tout le cas actuellement où les pays qui agissaient individuellement et en ordre dispersé font aujourd’hui partie d’organisations continentales. Ces organisations disposent d’un poids considérable et agissent en bloc au sein de l’ONU, cependant à cause du verrou imposé par les membres permanents du conseil de sécurité les voix de plus en plus nombreuses qui exigent que l’on rende justice aux peuples opprimés de la terre sont laissés pour compte. La problématique est en train de changer et c’est la situation de non droit que sont en train de vivre 2 millions de ghazaouis menacés d’extermination et de déplacement qui va très probablement remettre en question l’organisation présente de l’ONU et particulièrement du conseil de sécurité. L’Algérie attend avec impatience la décision de la Cour internationale de justice, saisie par l’Afrique du sud contre Israël pour génocide envers un peuple illégalement occupé. Si la CIJ condamne le régime sioniste l’Algérie aura les coudées franches pour obtenir du conseil de sécurité la condamnation d’Israël. Si malgré tout les USA persistent dans leur désir obsessionnel de protéger coûte que coûte l’Etat sioniste et il n’ya aucun doute que ce soit le cas, alors l’Algérie pourra déposer un recours à l’Assemblée générale lui demandant de statuer sur une nouvelle mouture du conseil de sécurité où le droit de véto serait définitivement exclu. Une longue bataille juridique commencera alors. L’Algérie a deux ans pour la mener à bien.
