Mila: Un musée pour la ville

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 La ville de Mila est en passe d’être équipée d’un musée pour la conservation de ses œuvres archéologiques. L’idée qui prévaut actuellement dans les milieux officiels consiste en la construction d’un établissement muséal où seront rassemblées les milliers de pièces archéologiques actuellement déposées au musée Cirta de Constantine.

En effet, le wali, Mustapha Koreich, a exprimé, tout récemment, son intention de doter la wilaya d’un musée afin de « rapatrier les œuvres archéologiques de la wilaya placées, depuis des années, au musée de Constantine. « On va créer notre établissement pour pouvoir rapatrier tous nos objets archéologiques conservés au musée Cirta », a-t-il dit à l’occasion du lancement du projet de restauration de la mosquée Sidi Ghanem, le 11 janvier dernier. Dans ce sillage, Koreich a évoqué les premiers pas accomplis dans ce sens, en expliquant que la recherche du site devant accueillir la structure projetée est lancée et que l’argent nécessaire à sa construction est disponible. « Nous avons les fonds nécessaires au projet. Nous sommes en phase du choix de terrain», a-t-il encore dit. Koreich a, d’autre part, révélé, que les services habilités ont déjà jeté leur dévolu sur deux sites, en expliquant que l’un d’eux s’est révélé inadapté. « On a déjà sélectionné deux lots de terrain pour le futur musée. Le premier, près de la Direction de l’Education, n’a pas été retenu pour des considérations techniques. L’autre (il n’en précisera pas la localisation) est retenu jusqu’à présent. Lors de son intervention à la séance de présentation du projet de restauration de la mosquée Sidi ghanem, Hamid Chiaba, chef de service à la direction de la culture, a fait savoir que plusieurs milliers de pièces archéologiques de la wilaya de Mila sont conservées au musée constantinois, faute d’un établissement habilité à Mila. « Nous avons déposé, entre 2003 et 2023, pas moins de 11 658 objet historiques et pièces archéologiques au musée de Constantine. Cet ensemble est formé, dans sa majorité, de pièces archéologiques de grande valeur historique : des pièces de monnaie aniciennes, des statues entières, des bustes en bronze, des têtes de statues, des lampes à l’huile et une multitude d’autres objets », a-t-il souligné. Chiaba a, par ailleurs, indiqué que la wilaya recèle pas moins de 416 sites archéologiques répertoriés, dont certains ont été découverts tout récemment, par hasard, par des citoyens qui effectuaient des travaux de terrassement. Il rappellera que les services du Groupement territorial de la gendarmerie et ceux de la Sûreté de Wilaya, impliqués dans la lutte contre le trafic des vestiges, ont récupéré, entre 2003 et 2023, pas moins de 12 380 pièces archéologiques, dont 805 unités saisies durant les trois dernières années seulement. Rappelons que parmi les pièces archéologiques découvertes par des citoyens, la désormais célèbre Mosaïque de Sidi Zerrouk. Cette fresque romaine, remontant au troisième siècle avant l’ère chrétienne, est formée de trois panneaux géants. Le premier, de 2,87 mètres de long sur  1,68 mètre de large, comprend des formes humaines et animales, avec une épitaphe de l’empereur romain, Constantin Premier. Le deuxième et le troisième panneau, dont les dimensions sont de 3,70 mètres de long sur 3,35 mètres de large et 5,85 mètres sur 5,15 mètres, respectivement, comportent des motifs végétaux et géométriques en plusieurs couleurs. Cette merveilleuse œuvre de l’époque romaine est encore conservée à l’endroit où elle avait été découverte, en 2008, c’est-à-dire dans une vieille maison de la famille des Amimour, de la localité de Sidi Zerrouk, dans la commune de Rouached, à l’ouest de la wilaya de Mila. A rappeler que le secteur de la culture ne cesse de revendiquer la construction d’un musée dans la ville compte tenu de l’importance patrimoine historique que recèle la région.

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